19 juillet 2009
Voilà ce que l’on peut notament lire dans « la lettre du maire » du mois de juillet.

Outre le sempiternel « les Niçois choisirent de devenir français par plébiscite » usé jusqu’à la corde auquel de moins en moins de personnes y croient notamment grâce à la connaissance de documents (compulsés dans « Nice, demain l’indépendance ») et témoignages de l’époque ( particulièrement Henri Sappia et son « Nice Contemporaine ») prouvant que le plébiscite était truqué de A à Z...
... Nous apprenons donc que l’Histoire de Nice commence en 1860, c’est ce que l’on doit comprendre lorsqu’on lit que 1860 est « un évènement fondateur de l’histoire » de Nice. Est-ce une méconnaissance totale de l’histoire de Nice de la part de M. Estrosi (ce qui serait point étonnant) ou est-ce délibéré ? Donc un mensonge de plus de la part des fossoyeurs de l’identité niçoise ?….Si c’est un mensonge il passera pas celui-là. Car si l’on dit habituellement d’un mensonge « plus c’est gros plus ça passe » ici c’est plutôt « plus un mensonge est gros plus c’est ridicule » ! Et heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon M. Estrosi serait déjà plus de ce monde depuis longtemps.
Si l’on comprend bien le sens de cette phrase, Nice a une histoire (et existerait) seulement depuis qu’elle est devenue française ? Une personne qui connaît ne serai-ce un peu l’histoire de Nice éclatera certainement de rire en lisant ceci... ou... s’indignera de cette falsification de plus. Car Nice à 2 500 ans d'histoire derrière elle, Nice n’a pas attendu d’être française (par la fraude et la force faut-il le rappeler) pour avoir une histoire, une société, une identité et pour exister ! Les 150 ans d’occupation française sont une parenthèse dans les 2 500 ans d’histoire de notre cité…
Pour rappel à ceux qui ne connaissent absolument pas l’Histoire de Nice
15 juillet 2009
Les gadgets de l’inspecteur Estrosi (article "Libération")
«Le taux d’élucidation [des crimes et délits] est en hausse depuis 2002, [passant] de 21% à près de 37%.» Christian Estrosi, le 10 juin, dans le «Talk» du «Figaro».
Par CÉDRIC MATHIOT
Intox. Grand zélateur de la politique sécuritaire de l’UMP, parfois annoncé comme futur ministre de l’Intérieur, Christian Estrosi manie déjà les chiffres de la délinquance avec maestria… Le 10 juin, dans le «Talk» du Figaro, il rendait hommage au bilan sécuritaire de la droite et pointait «le taux d’élucidation, qui est en hausse depuis 2002, de 21 % à près de 37 %». Cet enthousiasme faisait écho à celui de Nicolas Sarkozy, louant en janvier la progression «fantastique» du taux d’élucidation sur la même période.
Désintox. Les chiffres cités par Estrosi sont faux. Pour mieux faire reluire le chiffre de 2008 (37,6 %), Estrosi tire exagérément à la baisse celui de 2002, qui était de 26,27 % et non de 21 %. Mais là n’est pas l’essentiel. Le principal problème est que la notion de taux d’élucidation moyen est bien peu signifiante. Le taux d’élucidation (ratio entre le nombre de faits élucidés et le nombre de faits constatés sur une période donnée) est très variable selon la nature des infractions. Les vols sont peu élucidés (moins de 15 %), quand d’autres faits le sont systématiquement. Par une dérive statistique amusante, on compte même en 2008 seize catégories d’infraction affichant un taux supérieur à 100 %, avec une pointe à 136 % pour les «infractions en matière de chèques» : un seul chéquier volé retrouvé peut amener certains commissariats portés sur les chiffres à déclarer élucidés… autant de faits que de chèques contrefaits.
Faire une moyenne n’a donc guère de sens. Il est tout aussi absurde d’observer les variations du taux moyen d’une année à l’autre : il suffit que le nombre de délits facilement «élucidables» augmente en proportion par rapport aux autres pour gonfler le taux global. C’est ce qui s’est passé entre 2002 et 2008.
Christian Estrosi omet ainsi de préciser qu’une des raisons de l’amélioration du taux d’élucidation qu’il salue est l’explosion du nombre d’infractions à la législation sur les stupéfiants, élucidés à 100% (l’auteur du délit, dealer, consommateur, étant le plus souvent interpellé en même temps que le fait est constaté). Alors que la délinquance a globalement baissé de 2002 à 2008, les infractions à la législation sur les stupéfiants ont progressé sur la même période de 103 000 faits constatés (et élucidés) à 178 000, dopant mécaniquement le taux d’élucidation moyen. Une hausse pas vraiment accidentelle. «Quand Sarkozy est arrivé au ministère de l’Intérieur en 2002, on s’est pris en pleine gueule sa politique du chiffre, témoigne un agent de la Brigade anticriminalité (Bac). On nous a clairement fait comprendre qu’on devait plutôt chopper 300 mecs avec dix grammes de shit qu’un gars avec 300 kilos de résine de cannabis.»
La chasse aux sans-papiers a aussi contribué à faire grimper les statistiques d’élucidation : voilà une autre catégorie d’infraction qui affiche un taux d’élucidation béton (99,89 % en 2008) et qui a explosé ces dernières années. Entre 2003 et 2008, les infractions à la législation sur les étrangers (ILE) sont passées de 59 000 à 100 400.
Enfin, on observe un phénomène comparable avec les «violences non crapuleuses». Ces infractions qui sont élucidées dans trois quarts des cas (l’agresseur étant la plupart du temps identifié, d’autant qu’une part croissante concerne les violences intrafamiliales) ont crû, depuis 2003, de 170 000 faits à 233 500 aujourd’hui. Sebastian Roché, chercheur au CNRS, souligne donc ce paradoxe évident : «Plus de violence et de drogue dans la délinquance font monter le taux d’élucidation. Si l’on confond le taux d’élucidation avec un taux d’efficacité policière, le pire peut apparaître comme un mieux.» Exemple par l’absurde : si les infractions liées à la drogue n’avaient pas progressé depuis 2002, le taux d’élucidation moyen serait aujourd’hui moins bon de 1,5 point !
En fait, le taux d’élucidation n’a donc de sens que si on l’observe par catégorie d’infraction. Et s’il est vrai que la majorité des délits et crimes sont plus fréquemment élucidés depuis 2002, les progressions sont bien inférieures à la moyenne saluée par Estrosi. Le taux est passé de 11 % à 14,9 % pour les vols (il n’y a pas plus de vols élucidés… mais moins de vols constatés), et de 71,8 à 76,8 % pour les violences non crapuleuses. Le taux d’élucidation pour les faits de délinquance financière, lui, a reculé, de 56,89 % en 2003 à 51,52 % aujourd’hui.
http://www.liberation.fr/societe/0101575420-les-gadgets-de-l-inspecteur-estrosi
12 juillet 2009
« Marianne » aime beaucoup Estrosi semble-t-il
Estrosi, ministre de l’industrie par hasard
Est-ce parce qu’il rêve d’une France sans usines que Nicolas Sarkozy a nommé un non-ministre de l’industrie ? L’atterrissage du maire de Nice, Christian Estrosi, au ministère de l’Industrie apparaît comme le gag du remaniement gouvernemental.
Un gag de mauvais goût au vu de l’avalanche de plans sociaux générée par la grande crise et des menaces qui pèsent sur le tissu industriel hexagonal. En tous cas, ce fidèle du président s’attendait tellement peu à hériter de cette mission qu’il avait visité un appartement de fonction… place Beauvau.
Car le rêve du « motodidacte » des Alpes-Maritimes, ancien champion de moto, c’était le « pimpon » de la police. Problème, Michèle Alliot-Marie refusait catégoriquement de l’accueillir comme ministre délégué à la Sécurité et aux Collectivités ; Brice Hortefeux n’a pas davantage voulu du député-maire de Nice.
In fine, Estrosi a été placé chez Christine Lagarde. Consciencieux, il s’est tout de même inquiété auprès du Château du fait qu’il ne s’y connaissait « pas beaucoup en économie ». Sarkozy l’a rassuré en lui conseillant de prendre comme directeur de cabinet un préfet, gage de professionnalisme et d’efficacité. Estrosi s’est exécuté en choisissant Jean-Michel Drevet, préfet du Vaucluse. Ouf, il y aura donc quelqu’un de compétent au ministère. L’industrie française est sauvée !
D’autan que Christian Estrosi a promis d’apprendre vite. La preuve ? Recevant le 30 juin les commissaires à la réindustrialisassions, mis en place en mars par le chef de l’Etat, il a clamé haut et fort : « Je me sens quelque part ministre de la réindustrialisation ! » Quelque part, d’accord… Mais où ?
Renaud Dély
Marianne / 4 au 10 juillet 2009
