31 mai 2006
COMMUNES : LETTRE A
Voici la liste des communes du « Comté de Nice » par ordre alphabétique (à l'exception de Nice), pour apprendre un peu plus sur les autres communes de l'ancien "comté".
Il y aura un article pour les communes comme6nçant par A, puis un article pour ceux commençant par B, etc....
A noter que la lettre N (Nice) n'y est pas, tout simplement parce que le but de cette catégorie et d'en apprendre un peu plus sur l'histoire des autres communes du Pays Niçois en dehors de Nice (et en dehors des évenements que Nice et les autres communes peuvent partager tel la Dédition, les différentes guerres et invasion ou encore l'annexion de 1860)
TOUTEFOIS : Je tien à préciser trois choses essentielles !
Premièrement : Etant donné que le territoire du Pays de Nice à beaucoup varié au fil du temps, je m’occuperai uniquement des communes se trouvant sur le territoire du « Comté » au moment de l'annexion française de 1860.
J’exclus donc les territoires actuellement italiens du Marquisat de Dolceaqua, les territoires de Barcelonnette (vallée de l'Ubaye) ainsi que les communes de la partie de vallée de l’Estéron devenue française en 1760.
En d’autres mots : le territoire qui sera traité correspond à l’actuel arrondissement de Nice dans le département des « Alpes-Maritimes » (sauf Menton et Roquebrune qui sont pas considérés comme niçois mais qui seront peut-être sujet à un article). Peut-être, si en trouvant d’autres documents, j’évoquerai dans des articles qui leurs seront dédiés les territoires qui ont étaient un moment où un autre dans le giron du « Comté » (Barcelonnette, Dolceaqua, partie de la vallée de l’Estéron…)
Deuxièmement : Le contenu dépendra de mes connaissances où des documents (livres etc…) qui sont en ma disposition ! Alors des fois vous aurez vraiment pas grand chose sur certaines communes….Alors si vous venez d’un des villages du « comté » et que vous en savez plus que moi, vous pouvez partager vos connaissances.
Et Troisièmement : Je tiens à apporter une précision concernant les armoiries des communes que vous allez voir.
A PART Nice, Puget-Théniers, Saint-Etienne-de-Tinée, Sospel, Villefranche et les communes du haut Var rattaché à Nice en 1760. Les communautés d’habitants du "Comté" ne possédaient pas d’armoiries anciennes (à l’exception de ceux cités ci-dessus). Hors les cas cités plus haut, qui eux possèdent des armoiries anciennes, les autres sont des créations récentes, après 1860.
ASCROS : Des ossements humains entourés d’anneaux et de boutons en bronze, retrouvé dans une tombe à tumulus, ont été datés de l’âge de bronze final III ( 1600 – 1400 av. J-C). Les vestiges d’un petit catsellaras attestent que les Ligures occupèrent également le territoire d’Ascros. Au Ier siècle av. J-C les Romains y installent un poste de surveillance. On a découvert des poteries, des pièces de monnaie, des lampes à huile et des vases, ainsi qu’un sarcophage. En 972, le seigneur de Crocis participe, aux côtés de Guillaume Ier de Provence, dit le Libérateur, aux batailles qui aboutirent à l’expulsion des Sarrasins installés dans le massif des Maures. Vers la fin du XIIème siècle, à la suite d’un différent avec les moines de Lérins, le seigneur de Crosis délaisse les habitants de Villeveille, Rourebel et St-Antonin, et fait construire l’église et le château de Scros (ce n’est qu’à partir de 1760 que l’appellation Ascros est utilisée). Vers 1250, Scros dépend de la toute nouvelle baillie de Puget-Théniers. En 1298, les Châteauneuf avaient succédé aux Crocis, ils en furent les coseigneurs jusqu’en 1387. Au cours du XIVème siècle. Après la dédition de 1388, Aiglun, Le Mas et Scros deviennent dépendant de la Savoie. En 1391, le comte de Savoie donne une partie du fief d’Ascros à Jean Grimaldi de Beuil. Des textes de 1411 et de 1432 nous confirment que les Grimaldi en sont les coseigneurs, avec Honoré Marquesan, seigneur de Coaraze. En 1621, à la suite de l’exécution pour trahison d’Annibal Grimaldi, Scros, Toudon et Tourrette-Revest sont inféodés aux Galléan pour plus d’un siècle. En 1744, à la mort de Jean-Baptiste Galléan, sans descendance directe, Marcel Caissotti, seigneur de Roubion, hérite, par mariage, des fiefs de Scros, Toudon et Tourrette-Revest. La famille Galléan-Caissotti de Roubion les conserva jusqu’en 1776 (par sentence du Sénat de Nice de juillet 1752, les Caissotti avaient dû prendre le nom et les armes des Galléan). A partir de février 1793, Ascros est annexé par la France, comme tout le comté de Nice. Le village redeviendra sarde en 1815. Et comme pour tout le reste du comté, Ascros sera de nouveau annexé par la France via le plébiscite truqué de 1860.
ASPREMONT : Vers 350 avant notre ère, la tribu ligure des Védiantiens était installé sur le territoire d’Aspremont-le-Vieux. Les vestiges d’un castellaras ligure y sont encore visibles. Cette enceinte fortifiée, construite avec de gros blocs de pierres sèches (le mortier de chaux fut introduit par les Romains) entourait un bâtiment rectangulaire. A l’époque médiévale, un village occupe encore le site. Vers l’an mille, Aspremont est un fief des vicomtes de Nice. Une fille de cette grande famille seigneuriale épouse Raymond Rostaing, apparenté aux Thorame-Castellane-Glandèves qui possédaient également Valdeblore, Venason, Rimplas, Isola et Roure. Elle lui apporte Aspremont en dote. Sur le mont Barri, à l’emplacement d’un castellaras ligure, le seigneur Rostaing fait construire un château-fort afin de contrôler la vallée du Var. Le fief appartient aux Rostaing jusqu’en 1240, date à laquelle il passe sous la suzeraineté des comtes de Provence. Raymond Chabaud, seigneur de Saint-Blaise, en fait alors l’acquisitions. Cette famille va le conserver jusqu’en 1406. Lors de la dédition de 1388, Aspremont passe sous l’autorité de la maison de Savoie. Le fief, qui comprenait les territoires de Castagniers et de Colomars, fut pendant longtemps l’un des plus puissants du comté de Nice grâce à sa population stratégique, frontalière avec la France et le duché de Savoie (futur royaume de Piémont-Sardaigne). En 1406, Ludovic Marquesan, coseigneur de Coaraze, en est investit par le duc de Savoie Amédée VIII. Le premier château est abandonné en 1438 et le seigneur du lieu en fait rebâtir un nouveau, au sommet du village actuel. Comme celui de Nice, ce château servit de défense avancée face à la France. En 1442, le fils de Ludovic Marquesan, Honoré vend Aspremont à Barthélemy Borriglione, coseigneur de Contes et de Berre. Erigé en comté en 1621, le fief reste une possession des Borriglione jusqu’en 1777, date à laquelle Marinet Lascaris, petit-fils de Charles Antoine Lascaris-Vintimille (seigneur de Castellar et consul de Nice en 1713, 1720 t 1721) en reçoit l’investiture, avec le titre de comte. Par mariage ou par héritage, Aspremont appartient ensuite aux Grimaldi et aux Caravadossi. Vers 1075, l’abbaye de St-Pons (fondée à la fin du Xème siècle), bénéficie de plusieurs territoires en donation : Levens, Saint-Blaise, L’Escarène et la moitié de Colomars entre autres. L’église Notre-Dame-des-Salettes et le prieuré d’Aspremont vont dépendre de cette abbaye de 1247 jusqu’à sa suppression en 1749. En 1874, à la suite de dissensions sur la gestion de pâturages, Aspremont, Colomars et Castagniers se séparent et deviennent des communes distinctes.
AUVARE : Des tegulae (tuiles romaines) et des marques de fabriques trouvées sur le site attestent qu’il fut occupé par les Romains. Vers 850, des hordes saxonnes envahissent la région. D’après certains chroniqueurs, des cités comme Vence et Glandèves (Entrevaux) sont totalement détruites. Les habitants de Glandèves se réfugient sur des éperons rocheux et fondent Auvare, Daluis, Saint-Légers et La Croix. La paroisse d’Auvare dépendit toujours de l’évêché de Glandèves. Après une deuxième vague d’invasions, les habitants de la région subissent des incursions dévastatrices et continuelles des Sarrasins. Lorsqu’en 973, Guillaume Ier de Provence (dit Guillaume le Libérateur) chasse ces derniers du massifs des Maures, il donne à Balb de Vintimille la baronnie de Beuil et ses 22 villages. Un de ses descendants, seigneurs du Puget, devint baron d’Auvare. C’est au XIIIème siècle qu’est mentionné le château d’Azoara, construit sur un site inaccessible, sa position stratégique lui permettait de contrôler la route de Beuil. Le comte de Provence, Charles Ier d’Anjou, y établit une garnison. Le fief appartit à Guillaumes de Glandèves de St-Auban, en coseigneurie avec les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (en 1312, tous les biens des Templiers avaient été dévolus à ces derniers). Le seigneur de Saint-Auban et du Puget participa à la guerre féodale qui opposa les comtes de Provence aux Castellane et aux Glandèves. En 1278, il cède Auvare et le château de Puget-Théniers à Charles Ier d’Anjou, en échange de Muy. Auvare reste inféodé et en 1296, il relève de la viguerie de Guillaumes. Guilhem de Puget, vassal de Figuanières, devint le seigneur de ce fief. En 1548, c’est le capitaine de l’île Ste-Marguertite, Joseph de Cambis, qui en fait l’acquisition auprès de Melchiona de Castellane, dame de Figuanières. En 1578, sa fille vend le titre ç la dame de Beuil, épouse d’Honoré Grimaldi. En 1705, c’est au tour de Louis Corporandi, issu d’une riche famille de la Croix, d’acheter ces terres à Maurice Grimaldi. Lors du Ier traiter de Turin (1760), Auvare et La Croix sont cédés au royaume de Piémont-Sardaigne, et sont intégré alors au Pays Niçois. Après leur rattachement de 1760 à l’Etat Sarde, les habitants continuèrent à parler en provençal et à utiliser le français pour leurs écrits. Les actes notariés de cette période étaient rédigés en sarde mais portant la mention « lu et expliqué en langue locale ». En 1774, pour services rendus par Pierre Corporandi, seigneur de la Croix, le roi de Piémont-Sardaigne érige le fief en baronnie. Les Corporandi se sont également illustrés dans l’armée et dans la marine aux XVIIIème et XIXème siècles. La route de Puget-Théniers à Auvare, achevée en 1923, est sur le tracé d’un chemin taillé dans le rocher en 1887.
COMMUNES : LETTRE B
BAIROLS : Lorsque, vers 1040, le domaine de Bairolum est mentionné pour la première fois, il relève de l’abbaye de Lérins. Le village primitif, dont il reste quelques vestiges, fut abandonné pour être reconstruit su un site moins élevé, mais l’habitat est néanmoins perché à flanc de montagne. Lors de l’affouage de 1315, 51 feux sont recensés (environ 280 habitants). Au moment où s’ouvrait la difficile succession de la reine Jeanne, comtesse de Provence (assassinée en 1382), Bairols était un fief de Jean Grimaldi de Beuil. Il en avait été investit par sa suzeraine vers 1355. Après la dédition de Nice à la Savoie en 1388, Bairols reste une possession des Grimaldi de Beuil jusqu’à l’exécution d’Annibal Grimaldi en 1621. Tous les biens de ce derniers furent confisqués et ses châteaux rasés. Ce sont les Solaro, marquis de Dolgliani, qui furent gratifiés par le duc de Savoie des fiefs de Bairols et de Villars. Entre 1927 et 1929, la « compagnie Energie électrique du littoral méditerranéen » construit, sur les territoires de Bairols et de Clans, la centrale hydroélectrique du Bancairon. Les eaux, captés au Pont-de-Paule, sont canalisé dans une galerie souterraine de 14 km. Bancairon est la plus importante unité de production du Pays Niçois et des « Alpes-Maritimes » (50 000 kW)
BEAULIEU : (appelée « Beaulieu-sur-Mer »). Des traces de campement découverts dans le centre-ville attestent une occupation humaine dès le néolithique. Vers le Vème siècle avant notre ère, les Grecs y fondent le port d’Anao. Les Romains occupèrent à leur tour les lieux : ils agrandissent le port et s’installent sur les hauteurs. Anao est cité dans l’Itinéraire maritime d’Antonin (carte réalisé sous le règne des empereurs romains de cette ligné, indiquant les ports et les anses pouvant être utilisés par les navires). Lorsque commença la période des grandes invasions, les habitants abandonnèrent plusieurs fois l’agglomération côtière pour se réfugier sur le plateau Saint-Michel qui domine la baie de Villefranche et Beaulieu. Ce fut le cas au IIIème siècle ainsi qu’au VIème siècle, lorsque le petit monastère qui y avait été construit fut rasé par les Lombards. Vers la fin du XIIIème siècle, une communauté de pêcheurs-agriculteurs se fixe de nouveau sur le littoral. Elle se regroupe autour de l’église Sancta Maria de Olivio située à proximité de la baie des Fourmis. Cette église est cité en 1075, dans le cartulaire de la cathédrale de Nice, mais elle est probablement plus ancienne. En 1078, elle dépend du monastère de Saint-Pons, puis retourne pour quelques temps sous la tutelle de la cathédrale de Nice. Le développement de Beaulieu commence vraiment après 1860 et amène certains résidents et personnalités locales à demander, à partir de 1886, l’érection de Beaulieu en commune autonome. Le maire de Villefranche de l’époque combat énergiquement ce projet. Pétitions et déclarations enflammées se succèdent des deux côtés. Finalement, en 1891 (loi du 23 juillet) Beaulieu obtient son détachement de Villefranche et devient une commune indépendante. A la belle époque, et jusqu’à la Première Guerre mondiale, Beaulieu fut une station hivernale prisée par de nombreuses personnalités, têtes couronnés ou riches industriels : la reine Victoria, l’impératrice Elisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach (universellement connue sous le surnom de « Sissi »), le roi des Belges Léopold II, Gustave Eiffel, Lipton, Marinoni (l’inventeur de la rotative), Théodore Reinach (archéologue et qui fit construire la Villa Kerylos), James Gordon Bennett (propriétaire du « New-York Herald »). La création d’un casino, entre les deux guerres mondiales, relance l’activité de la commune. De nos jours, cette petite station balnéaire très prisée est toujours fréquentée par une clientèle aisée.
BEAUSOLEIL: Le site possède de nombreux vestiges ligures. Puis il est occupé par les Grecs et les Romains. Pendant les siècles obscurs, les population fuient le littoral et se réfugient sur les hauteurs ou à l’intérieur des terres pour échapper aux invasions barbares et aux razzias incessantes des Sarrasins. L’histoire de Beausoleil se confond ensuite avec celle de La Turbie, car la commune de Beausoleil ne fut crée qu’en 1904, après division du territoire turbiasque. Vers la moitié du XIXème siècle, l’essor économique de Monaco, dû à la création de la Société des Bains de Mer, entraîne le développement et l’urbanisation des communes limitrophes. L’architecture 1900 y est d’ailleurs prédominante. A partir de 1894, un train à crémaillère assura la navette entre Monaco, Beausoleil et La Turbie, soit un parcours d’environs 2 340 mètres. La pente abrupte nécessitait une traction renforcée par ce système. A partir de 1903, la première partie de cette ligne fut également utilisée par le tramway électrique. Son exploitation fut abandonnée en 1932, à la suite d’un grave accident (rupture de la crémaillère). A la Belle Epoque, Beausoleil accueille dans ses palaces une riche clientèle européenne. Toutefois, la Première Guerre mondiale et le crash boursier de 1929 provoquèrent pendant quelques décennies une nette diminution de la fréquentation touristique sur la région. Le centre-ville connut un développement urbain particulièrement rapide entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle. La ville fut classé station climatique en 1921.
BELVEDERE : Des découvertes récentes attestent que le site fut occupé dès l’Antiquité : en été, les Romains se rendaient dans les établissements de bains de Berthemont qui, à cette époque, était situé sur le territoire de Belvédère mais fait actuellement partie de celui de Roquebillière. C’est au XIIème siècle, dans le cartulaire de l’ancienne cathédrale de Nice, que Belveder est mentionné pour la première fois. En haut du village subsistent les ruines d’un château datant du XIIIème siècle. A l’époque médiévale, ce castrum (un habitat fortifié au pied d’une maison forte) fur le seul château comtal sous la domination des comtes de Provence. Sa position stratégique au centre du Val de Lantosque (actuelle vallée de la Vésubie) explique ce rôle politique. Après la dédition de 1388, la viguerie de Vintimille/Val de Lantosque, comme celle de Nice, est rattaché à la maison de Savoie. Belvédère fut un fief des Grimaldi de Beuil jusqu’à l’exécution, en 1621, d’Annibal Grimaldi. Il devient ensuite la baronnie perpétuelle de droit des familles Raynardi et Boschetti, un titre purement honorifique. Aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles, la localité subit une série d’occupations militaires et de passages de troupes (François Ier notamment), mais aussi des tremblement de terre (en 1564 et 1644), un incendie dévastateur (en 1751) des épidémies (peste en 1629 et choléra en 1764). En 1793, le comté de Nice, dont fait partie Belvédère, est envahit et annexé par les révolutionnaires français avant d’être rendu au Piémont-Sardaigne en 1814. Bien qu’après l’annexion à la France de 1860, la commune ne retrouva les limites d’origine de son territoire qu’en 1947. En effet, la haute Gordolasque resta terres de chasse, « Terre de Cour », des souverains d’Italie jusqu’à l’abdication de Victor-Emmanuel III en 1946. en réalité, les raisons en étaient purement militaires et stratégiques. Plusieurs autres villages furent amputés d’une partie de leurs propriétés communales pour le même motif. L’économie de Belvédère est principalement axée sur l’élevage de bovins et d’ovins. Ses troupeaux représentent plus de la moitié du cheptel des moyenne et haute Vésubie. En octobre, on célèbre le retour des bergers : fête des Bergers et fête du Brous (variété de fromage blanc, du petit-lait fermenté de vache, un produit typique des alpages). Le premier dimanche de février, les Belvédérois célèbrent la St-Blaise (le protecteurs des maux de gorge) et pour la fêtes des Picons (cloches des vaches), on danse toute la nuit qui précède mardi gras.
BENDEJUN : Des Vestiges de fortifications et d’enceintes ligure sur la ligne de crêtes du Férion, ainsi que sur les plateaux de Bendejun, attestent que ce territoire fut occupé par les Ligures, près de 2000 avant les Romains. On y trouve également des traces de l’occupation romaine : les restes d’un chemin pavé, d’un oppidum avec une inscription et l’emplacement d’un temple. Pendant la période des Grandes Invasions et des razzias Sarrasines, les habitants se réfugient sur les terres de Châteauneuf et de Tourrette, situés sur les hauteurs. Au VIème siècle, la région est dévastée par les Lombards. L’histoire de Bendejun se confond ensuite avec celle de Châteauneuf jusqu’au 25 juin 1911, date à laquelle elle devient (comme Cantaron), une commune indépendante. En 1030, le cartulaire de l’abbaye de Saint-Pons stipule que Châteauneuf est ses deux hameaux (Remaurian et Bec de Iuno) lui ont été donnés par l’évêque de Nice. Du XIème au XIVème siècle, Bendejun se développe (il compte 2 000 habitants au XIVème siècle). Les terres sont cultivées jusqu’au sommet des crêtes du Férion alors qu’un marécage occupe toute la partie basse, située près du lit du Paillon. Après la dédition de 1388, le village, comme toute la viguerie de Nice, devient dépendant de la maison de la Savoie. En 1621, Bendejun est érigé en paroisse distincte par l’évêque de Nice. les XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles sont une période de grands troubles pour tout le comté de Nice. jusqu’à la première moitié du XVIIIème siècle, Châteauneuf et ses hameaux sont une seigneurie, éclatée entre de nombreux coseigneurs dont les Châteauneuf. Pendant la guerre de Succession d’Autriche, des fortifications sont édifiés (1747) sur le Férion. Et les Barbets, durant l’occupation du Pays de Nice par la France révolutionnaire (puis impériale) y installent des repaires inexpugnables. L’agglomération vécut longtemps des revenus que lui procuraient les châtaigniers, l’huile d’olive, les mimosas ainsi que l’élevage de vers à soie. Cette industrie fut florissante jusqu’à la fin du XIXème siècle et disparut en 1920. Sa proximité avec l’agglomération niçoise en fait un lieu d’habitat d’actifs travaillant à Nice et la croissance de sa population a été rapide depuis l’invention de l’automobile après une phase de dépeuplement dans la première moitié du XXème siècle, comme la plupart des communes.
BERRE : (Berre-les-Alpes) Dès le VIIème siècle avant notre ère, le territoire fut occupé par les Celto-Ligures, comme en témoignent les vestiges d’un castellaras au Col de la Croix, et les nombreuses cupules creusés dans les rochers de grès (Costa Negra, Cotet). Au début du XIème siècle, Berre (comme Blausasc), est encore un e colonie-bergerie de la commune libre de Peille. Le Castellum Barra est mentionné pour la première fois en 1108, dans le cartulaire de l’ancienne cathédrale de Nice. Des chartriers des années 1247 et 1252 nous apprennent que cette communauté d’habitants était dotée d’une prieuré relevant de l’abbaye de St-Pons, laquelle y exerçait les pouvoirs temporels et spirituels. En 1324, l’église primitivement vouée à St-Valentin passe sous le vocable de St-Laurent. En 1271, Raymond de Berre achète Contes, une partie de Tourrette et une partie supplémentaire de Châteauneuf. Vers 1350, le château, agrandi et restauré, devient un lieu très prisé de la noblesse : l’épouse de Gaspard de Berre, Yolande Galléan (famille des seigneurs de Châteauneuf) y donne des fêtes somptueuses. Elle en fait une des cours d’amour du comté de Provence, animée par le célèbre troubadour niçois Guillaume Bojéro. Après la dédition de 1388, le fief de dépendra du Comté de Savoie. Lors de l’afflouage de 1408 (impôt sur les feux), 8 foyers sont recensés (environ quarante habitants). En 1421, les Berre obtiennent la seigneurie de Gilette et en 1503, ils sont coseigneurs de Berre, Châteauneuf, Tourette, Falicon et Ascros. En 1602, Berre est érigé en baronnie. A l’époque, les Berre comptait plusieurs branches : les seigneurs de Berre, de Collongues, de Gilette et Châteauneuf/Tourette. En 1677 et en 1687, le titre de baron de Berre passe, par mariage aux Dalaise et aux Terrassani. Au XVIIIème siècle, il échoit aux Cachiardi. En 1826, le dernier baron de Berre, Emile Antoine Cachiardi, est investi du titre par Charles-Félix, roi de Piémont-Sardaigne. Pendant la Révolution française, la marquise de Cabris (sœur de Mirabeau), est obligée de fuir la France pour se réfugier en Italie. Elle fait une halte au château de Berre, qu’elle doit quitter précipitamment à l’arrivée des troupes révolutionnaires. Pendant longtemps, la ressource principale des habitants fut l’exploitation des nombreuses châtaigneraies et, à partir de 1900, la culture du mimosa. Tout au long de l’année, la vie de ce village est rythmée par de nombreuses fêtes : patronales (14 février et 10 août), du Mimosa en mars, des Fraises/Cerises/Framboise en juin, du Four en juin également, des Châtaignes en octobre.
BEUIL : Initialement, le site était habité par la tribu ligures des Velaunes. Malgré une farouche résistance, ils furent vaincus par les Romains qui convoitaient leur territoire. En effet, Beuil bénéficiait d’une position stratégique exceptionnelle, en haut des gorges du Cians et à proximité d’une voie de communication reliant l’Italie à Cemenelum. Les Romains y édifient Castrum Boliacum, un fort qui servit de relais à leurs armées. La seigneurie est fondée à la fin du Xème siècle, peu après l’expulsion des Sarrasins. Au moyen-âge, le village est sous l’emprise du pouvoir épiscopal, mais à partir de 1230, avec l’incorporation de la région au comté de Provence, il fait partie de la viguerie de Puget-Théniers. Vers la fin du XIIIème siècle (probablement en 1258), les Beuillois se révoltent contre leur seigneur féodal, Guillaume Rostaing, qui est assassiné. En 1315, sa fille Astruge épouse Andaron Grimaldi (oncle de Rainer Ier Grimaldi de Monaco) créant ainsi la dynastie des Grimaldi de Beuil. Ils vont régner sur cette contrée pendant trois cent ans. La seigneurie dont Astruge est l’unique héritière et qu’elle apporte en dot est composée de nombreux fiefs sur la rive gauche du Var moyen. En 1382, la reine Jeanne, qui régnait sur Naple et la Provence depuis 1343, est assassinée. Sa difficile succession provoque la partition de la Provence orientale : la région qui formera le futur « comté » de Nice va entrer, pour quatre siècle et demi dans les Etats de la maison de Savoie. En 1387, Jean Grimaldi de Beuil possédait les territoires de Péone, Beuil, Roubion, Roure, Ilonse, Bairols, Touët-de-Beuil, Rigaud, Pierlas. Il était également « gouverneur de la Provence entre la Siagne et les Alpes ». Il joua un rôle décisif dans la dédition de 1388 en apportant son soutien au Comte de Savoie et en lui remettant les vigueries de Nice, Vintimille/val de Lantosque, Puget-Théniers et la baillie de Barcelonnette. Pendant deux siècle et demi, cette puissante famille sut manœuvrer avec habilité. En 1561, la baronnie de Beuil est érigée en comté. Elle comprend en plus les fiefs suivants : Sauze, Marie, Thiéry, Lieuche, Tournefort, Massoins, La Tour, Villars, Ascros, la Cainée (commune de Pierrefeu), Malaussène, Toudon, Tourrette-Revest. Toutefois, en 1621, la dynastie des Grimaldi de Beuil s’éteint avec Annibal, accusé de haute trahison par le duc de Savoie et exécuté. Les fiefs sont confisqués et les châteaux démantelés. Les pierres de celui de Beuil sont réutilisées dès 1633 dans le village. En 1623, Beuil est inféodé (avec Péone et Sayze), au comte Cavalca de Parme avant d’échoir, par mariage, au baron de Chenillac. Beuil subit comme ses voisins l’exode rural dès la deuxième moitié du XIXème siècle mais les premières manifestations de sport d’hiver s’y fixèrent avec la station des Launes. Cette activité nouvelle contribua à maintenir sur place une part de la population et à attirer de nouveaux habitants. Beuil fut aussi un lieu de casernement des troupes alpines.
BLAUSASC : Des origines jusqu’en 1926, année de son détachement de Peille, Blausasc en fut un hameau et en partagea l’histoire. Au XIIème siècle, Peille est une commune libre sous administration consulaire. En 1176, le comte de Provence, à qui la cité avait apporté son aide contre les Niçois, confirme la confédération qu’elle forme avec Lucéram et Utelle. Au XIIIème siècle, la commune de Peille appartient à la viguerie de Nice avant d’être rattachée, en 1347, à celle de Vintimille, qui avait Sospel pour chef-lieu. En 1621, elle devient une seigneurie érigé en comté en faveur des Lascaris-Vintimille qui détiendront ce fief jusqu’à la révolution française. En 1760, Blausasc est mentionné sur les cartes sardes sous le nom de Castel de Bleusasc. Ce hameau, qui est autonome de fait car il possède depuis longtemps une école, une cure, une mairie et un registre d’état-civil, demande son indépendance pour la première fois en 1872. après une deuxième requête, acceptée par la commission syndicale de Peille en 1921, les Blausascois obtiennent leur autonomie communale. Par la loi du 13 janvier 1926, après une attente de plus de cinquante ans, Blausasc est officiellement détaché de sa commune tutélaire. Dans le passé, les activités des villageois étaient essentiellement liées à l’agriculture, en particulier la culture de l’olivier, et à la sériciculture. L’exploitation d’une carrière de ciment sur le territoire de la commune, une activité très ancienne, s’est beaucoup développé depuis 1921 avec la Cimenterie Vicat. Actuellement, sa proximité de Nice a fait de Blausasc un village résidentiel. Toutefois, la commune à conservé son caractère rural et elle possède plusieurs gîtes ainsi qu’un moulin à huile. De nombreuses festivités sont organisées tout au long de l’année : la Limaciera, la fête du Four à pain, les Journées de la Nativité, ainsi que des expositions.
LA BOLLENE-VESUBIE : Cette région fut probablement occupée dès le IIIème siècle avant notre ère par les Vesubiani. Des tessons de poterie sigillé datant du Ter siècle après J-C attestent que ces peuplades autochtones étaient en contact avec le Romains. Il est probable qu’elles commercialisaient leurs excédents agricoles pour acquérir des objets manufacturés. Ce n’est qu’en 1140 que le site de la Bollène est mentionné sous l’appellation Castrum di Abolena. Au XIIIème siècle, l’existence d’un château est confirmée. Au XIVème siècle, le village fait partie de la viguerie de Vintimille/Val de Lantosque, avec Sospel comme chef-lieu, sous la suzeraineté du comte de Provence. Après la dédition de 1388, cette viguerie, sous l’autorité du gouverneur et du diocèse de Nice, est englobée dans les Terres Neuves de Provence (futur « comté » de Nice) dépendantes de la maison de Savoie. Cette souveraineté est effective en 1391, lorsque les habitants rendent hommage au comte Amédée VII. En 1514, le duc de Savoie Charles III, puis en 1566 le duc Emmanuel-Philibert, confirment aux Bollénois le droit de s’administrer eux-mêmes. Toutefois, à la fin du XVIIème siècle, le village, très endetté, est dans l’impossibilité de rembourser. Malgrès l’opposition des habitants, il est mis en vente par le duc de savoie. En effet, son duché étant également dans une situation financière catastrophique, Victor-Amédée II ne respecte pas les engagement de ses prédécesseurs. Pour renflouer ses caisses, il décide de vendre des fiefs non inféodés. C’est ainsi qu’en 1699, La Bollène, Venanson, Isola, Utelle, Breil, Saorge, le Val de Blore, Levens et Contes sont inféodés, pour la somme de 159 580 livres, à Jean Ribotti, un médecin exerçant à Milan mais originaire de Pierlas. En procès avec la communauté villageoise, il ne conserve pas La Bollène. Devant le refus des autres localités, le duc réaffirme leurs libertés municipales et leurs droits. De surcroît, il décerne à chacune le titre de « comtesse d’elle-même ». Jean Ribotti ne conservera que le Val de Blore. Dès septembre 1700, le fief comtal de la Bollène a redressé la situation et retrouvé ses privilèges. Aux XVIème et XVIIème siècles, le village a subi plusieurs tremblements de terre. Il fut détruit par ceux de 1564 et du 18 janviers 1618. Au début du XVIIIème siècle, La Bollène est occupé par les troupes françaises de Louis XIV. Les pillages recommencèrent en 1744 et 1747, lorsque la vallée de la Vésubie fut envahie par les Gallispans en lutte contre les Austro-Sardes. A la fin du XIXème siècle, le village devient une station d’été très prisée. Après la Première Guerre mondiale, la présence des militaires va relancer l’économie locale, mais le processus d’exode rural recommence après celle de 1939-1945. Il semble être enrayé depuis 1975. Dans le passé, les Bollénois tiraient leurs principales ressources de la culture des céréales (blés et maïs), des fruits (figues, noix, châtaignes, cerise) ainsi que de l’exploitation forestière et de l’élevage de bovins, d’ovins et de caprins (fromagerie de la Dorgane et vacherie de Mantégas). Actuellement, seuls perdurent l’élevage et l’exploitation forestière. Chaque 30 octobre, on fête le retour des bergers. La proximité du Parc du Mercantour et de la vallée des Merveilles confère au village un fort potentiel écologique et agro-pastoral qui attirent de nombreux visiteurs. Avec Nice, la Bollène est le seul endroit où l’on fête la Ste-Réparate (en octobre).
BONSON : Le village, bâti sur une crête rocheuse, domine la vallée du Var et une partie de la vallée de la Vésubie. Des vestiges de postes de surveillance attestent que le site fut occupé par les Romains. Des manuscrits de 1209 mentionnent l’existence d’un château ainsi que l’octroi d’un droit de gué au commandeur des Hospitaliers de St-Jean-de-Jérusalem (futur ordre de Malte). En 1271, Guillaume Olivari acquiert les fiefs de Bonson et de Tourrette-Revest qui, avant cette date, avaient appartenu aux seigneurs d’Ascros et de Glandèves (Entrevaux). En 1293, Charles II comte de Provence, donne la concession d’un bac à péage au baron Liti, seigneur de Bonson et de La Roquette. Dans un acte d’avril 1380, nous apprenons que les Liti sont également seigneurs de Saint-Auban, de Dosfraire (ce village n’existe plus) et coseigneur de Bouyon. A partir de la dédition de Nice à la Savoie en 1388, Bonson est englobé dans les Terres Neuves de Provence (futur « comté » de Nice), mais fait toujours partie du diocèse de Glandèves. Le 26 novembre1446, Charles Lascaris de Vintimille, coseigneur de La Brigue, épouse la fille de Pierre Liti, seigneur de Saint-Auban et de La Roquette. De ce fait, il reçoit les châteaux de Bonson, La Roquette et d’une partie de Bouyoun. En 1554, Pierre Lascaris est investi par le duc de Savoie Emmanuel-Philibert des castra de Bonson, La Roquette, la troisième partie de Bouyon, La Brigue et Dosfraire. A la fin du XVIème siècle et au cours du XVIIème siècle, Bonson passe par mariage aux Laugieri, puis aux Chabaud de Tourrette avant d’être vendu, en 1661, à Jean-Baptiste de Andréis de Sospel. En 1685, il est revendu à Jérôme Marcel de Gurbenatis, apparenté aux comtes de Vintimille et aux seigneurs de Castellane. En 1688, la seigneurie est érigée en comté pour Jean de Gurbenatis, le président du Sénat, puis elle passe aux Ferraro. La vie du village est rythmée par de nombreuses fêtes : St-Benoît (août), Saint-Hospice (octobre), de l’Olivier en juin. Ainsi que le Festival d’art contemporain en été. L’huile d’olive de Bonson est d’appellation d’origine contrôlée « Olives de Nice ».
BREIL : (Breil-sur-Roya) Des vestiges archéologiques attestent une présence humaine dès le néolithique. La vallée de la Roya (la Rutuba des Romains) ainsi que les hautes terres situées entre le col des Brouis et l’Authion sont ensuite occupées par des Celto-Ligure : les Brodionti (castel de Brodo, Brouis), les Brigiani (rive gauche de la Roya), les Sogionti (Saorge). Ces tribus alpines sont soumises lors des conquêtes d’Auguste, vers l’an 14 avant J-C, et leur territoire rattaché au municipe romain d’Albintimilium (Vintimille). Toutefois, leur romanisation ne fut complète qu’à partir du IIIème siècle. Pendant les siècles obscurs, les habitants subissent de nombreuses invasions (gothes, lombards) puis les incursions dévastatrices des pirates musulmans. En 973, les Sarrasin sont définitivement chassés de la région grâce à la coalition formée par Guillaume Ier de Provence, le comte d’Arles, et Ardoin de Suze. C’est à cette époque que les territoires de Breil, Saorge, Tende et La Brigue sont inféodés aux comtes de Vintimille, vassaux du marquis de Turin, lui-même sous la suzeraineté du Saint-Empire romain germanique. Le comté de Vintimille est cité pour la première fois dans une charte de 962 concernant San-Remo. C’est à cette époque que l’habitat dispersé sur la rive droite de la Roya est abandonné pour un site mieux protégé de la rive gauche, et que les seigneurs du fief construisent la Turris Cruellam du Castrum de Brehl. En 1258, les comtes Georges et Boniface de Vintimille cèdent leurs droits sur Breil et Saorge au comte de Provence Charles d’Anjou. Lors de la dédition de Nice à la Savoie, Breil passe sous le protectorat de la Savoie en étant englobé dans les Terres Neuves de Provence (futur Pays Niçois). En 1699, Jean Ribotti fait acquisition de Breil mais en 1700, il le cède à Octave Solaro, comte de Govone pour lequel le fief est érigé en marquisat par le duc de Savoie. Breil étant situé sur un des grands axes de communication qui relient le littoral, l’Italie du Nord, la Suisse et les pays d’Europe du Nord, il fut occupé par les Italiens puis par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. En octobre 1944, l’occupant allemand détruit les diverses voies de communication, les ponts et les installations ferroviaires. En 1947, les hameaux de Libre et de Piene-Haute (qui restèrent à l’Italie au moment de l’annexion de Nice par la France en 1860) sont rattaché à Breil. La ville, lieu de passage sur la route du sel à longtemps vécu des échanges commerciaux entre l’Italie du Nord et le Pays Niçois, mais également de l’oléiculture.
LA BRIGUE : Le territoire de Briganito était occupé par la tribu celto-ligure des Brigiani. Mentionnés sur le Trophé d’Auguste, à la Turbie, qui conserve la liste complète des tribus vaincues, ils furent parmi ceux qui résistèrent le plus longtemps aux Romains. Dans un acte du XIème siècle, Ardoin, marquis de Suse et possesseur du Piémont occidental, accorde certaines libertés et garanties aux habitants de Tende, la Brigue et Saorge : le droit de pêche, de chasse, d’irriguer, de faire paître les troupeaux. Cette charte est souscrite par ses vassaux, les comtes de Vintimille auxquels sont inféodés ces fiefs. En 1257, Guillaume III comte de Vintimille, dit Guillaumin, cède au comte de Provence Charles Ier d’Anjou : Gorbio, Tende, La Brigue, Castellar, Sainte-Agnès et le Val de Lantosque. En 1258, Georges et Boniface de Vintimille (neveux de Guillaume III) lui succèdent également Breil, Saorge et Sospel. Quand au sud de l’ancien comté de Vintimille, il désormais inféodé à la République de Gênes. Les territoires acquis par la Provence vont constituer la viguerie de Vintimille/Val Lantosque. Toutefois, certains membres de la famille des Vintimille (Guillaume-Pierre et Pierre-Balbe, les frères de Guillaumin) qui conservent des territoires au nord de Tende n’acceptent pas ces cession. En 1261, Guillaume-Pierre de Vintimille-Tende, envoyé à Constantinople par la République de Gênes, épouse Eudoxie Lascaris, fille de feu l’empereur. A partir de 1285, les seigneurs de Tende ajoutent ce patronyme à leur nom et se font appeler Lascaris-Vintimille (au XVème siècle, une autre branche des comtes de Vintimille adoptent également ce patronyme : ce sont les seigneurs Lascaris de Castellar et Lascaris de Gorbio). En 1360, la seigneurie de La Brigue devient indépendante. En 1406, ses coseigneurs, les Lascaris, se rallient au comte de Savoie. Aux XVIIème et XVIIIème siècles, la Brigue est épargnée par les guerres auxquelles est mêlée la masion de savoie, mais à partir de 1794, elle est occupé par les troupes révolutionnaires de Masséna. En 1814, le comté de Nice, dont faisaient partie La Brigue et Tende, est rendu au royaume de Piémont-Sardaigne. Par contre, En 1860 la nouvelle frontière coupa La Brigue et Tende du reste du Pays de Nice, désormais annexé par la France. Elles ne seront rattaché au Pays Niçois que par le traité de 1947. Seul quatre hameaux de montagne restèrent italiens : trois d’entre eux formèrent la commune de Briga-Alta et le quatrième, Realdo, fut rattaché à Triora.
COMMUNES : LETTRE C
CANTARON : L’histoire de Cantaron et de Bendejun se confond avec celle de Châteauneuf-Villeveille dont ils furent les hameaux jusqu’au 25 juin 1911. Cette commune est constituée de plusieurs habitats anciens (Bordinas, La Bégude, Les Cognas, La Lauvette, Le Villars, Saut-de-Millo), implantés sur des sites entourant une source. Le Villars conserve les vestiges du château fort de Fougassière qui appartint à l’un des coseigneurs de Châteauneuf. En 1714, Ignace de Torrini de Fougassière, dont le père fut sénateur de Turin puis de Nice, le reçois par mariage. Son fils fut également sénateur de Nice. En 1788, Mgr Valperga de Maglion, évêque de Nice et comte de Drap, institue la chapelle Saint-Joseph comme succursale de celle de Châteauneuf-Villevieille. Les activités des habitants furent longtemps axées sur l’agriculture de l’oléiculture. C’est à La Bégude qu’était préparée la teinture destinée aux étoffes que fabriquaient les tisserands de Drap. En 1873, à la suite d’une souscription volontaire, un pont est construit sur le Paillon. A ^partir de 1922, grâce à l’ouverture de la ligne ferroviaire Nice-Sospel-Breil, et à la construction d’une gare à Cantaron (elle desservait également Drap), les Cantaronnais furent de plus en plus nombreux à aller travailler à Nice.
CAP D’AIL : L’histoire de Cap-d’Ail, qui fut longtemps un hameau de la Turbie, se confond jusqu’au début du XXème siècle avec celle de sa commune de tutelle. En effet, cette localité ne fut créée qu’en 1908, après division du territoire turbiasque. Du XIème au XIIIème siècle, La Turbie et les terres environnantes relèvent du consulat de Peille. En 1265, le comte de Provence Charles Ier d’Anjou abandonne définitivement Vintimille, Monaco et Roquebrune aux Génois. Au cours du XIIème et XIIIème siècles, La Turbie et ses hameaux sont, au gré des conflits entre Guelfes et Gibelins, possessions des Grimaldi de Monaco et des Spinola des Gênes. Les Richelmi de Levens et les Gastaud de La Turbie en furent également propriétaires. En 1331, Daniel Marquesan, coseigneur du fief, le cède au comte de Provence Robert le Sage, qui le rattache directement au domaine comtal. Son successeur, la reine Jeanne, donne ensuite La Turbie est ses hameaux au seigneurs de Monaco. A partir de 1388 (la dédition) et jusqu’en 1860, la région passe sous l’autorité de la maison de Savoie et formera le Pays Niçois (le « comté » de Nice). en 1419, la seigneurie de Monaco, dont fait partie Roquebrune et Menton, devient une possession des Grimaldi, mais La Turbie et ses hameaux sont inclus dans le comté de Nice. En 1879, le baron de Pauville s’attache à faire de Cap-d’Ail une station climatique destinée à accueillir des hivernants fortunés. En effet, le territoire, traversé par la route nationale rattaché au réseau ferroviaire, est doté d’un indéniable potentiel touristique car il est à proximité de Nice et de Monaco. Ce financier fait l’acquisition d’un domaine de 26 hectare (pâturages et champs), situé en bord de mer, et il lance une vaste opération immobilière. L’ensemble est divisé en parcelles de 3 000 à 5 000 m² sur lesquelles sont construites de luxueuses villas avec vue sur la mer, ainsi qu’un palace, l’Hotel Eden, dont les jardins descendent jusqu’à la mer. Un sentier est également aménagé en bord de mer.
CASTAGNIERS : L’histoire de Castagniers (et de Colomars) se confondit, jusqu’au 2 juin 1874, avec celle d’Aspremont. En effet, cette année-là, à la suite de nombreuses et anciennes dissensions, en particulier sur la gestion de pâturages, elles deviennent des communes distinctes. L’habitat primitif de Castagniers, le Masage, date du Moyen-Age. Il est situé à flanc de colline, en contrebas de l’église paroissiale St-Michel. L’autre partie du village, Les Moulins, abritait les moulins qui desservait l’ensemble de cette communauté, c’est pour cette raison qu’elle porte ce nom. En 1250, l’approvisionnement en eau provoque des conflits entre les habitants. Pendant la révolution française, après l’occupation du comté par la France, les moulins furent vendus pour plus de 23 000 francs à un certain Annibal Curti. Actuellement, un de ces moulins à huile, le plus ancien de la région car datant du XIIIème siècle, est toujours en activité. En 1874, lors de leur séparation, Castagniers comptait 477 habitants et Aspremont 535. Le nom de la commune proviendrai d'un châtaignier séculaire sous lequel les voyageurs faisaient une halte et où les artisans ambulants avaient coutume de s'installer.
CASTELLAR : Les vestiges d’une occupation humaine, qui s’est échelonnée du IXème au Vème millénaire avant notre ère, ont été retrouvés sur le territoire de la commune, dans l’abri Pendimoun, au pied du massif de l’Orméa. Le castrum primitif était situé sur un éperon rocheux, à 870 mètres d’altitude, probablement sur les ruines d’un castellaras ligure qui fut réutilisé par les Romains. Ce bourg fortifié aurait été édifié au XIIème siècle par le municipe de Peille, dans un contexte politique troublé : conflits entre les comtes de Vintimille, le comté de Provence et la Républqiue de Gênes : querelles entre Guelfes et Gibelins. A cette époque, Peille était une commune libre administrée par des consuls, elle possédait les fiefs de Sainte-Agnès, Castellar, Gorbio, La Turbie, Contes, L’Escarène et Peillon. C’est le tribunal de Peille qui faisait autorité sur ces villages. Le Castrum de Castellar est mentionné en 1258, dans un acte de cession du comte de Guillaume de Vintimille au comte de Provence, Charles Ier d’Anjou. En 1274, ce dernier accorde au village des statuts municipaux puis, en 1283, il redonne l’investiture à des membres de la famille Vintimille bannis de leur comté. Les Vintimille de Castellar, qui étaient les descendants de Guillaumin, dont le frère Guillaume-Pierre avait, en 1261, épousé Eudoxie Lascaris, prirent le nom de Lascaris. Les Lascaris-Vintimille de Castellar conservèrent ce fief jusqu’à la révolution française. Lors de la dédition de 1388, Castellar devient dépendant de la maison de Savoie, tout en gardant son autonomie : les Lascaris ne prêtèrent hommage au duc de Savoie qu’en 1468. En 1435, une convention est établie entre les habitants et leur seigneur afin que le village soit déplacé vers un lieu plus accessible, la colline Saint-Sébastien. Aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles, Castellar subit, comme tout le comté de Nice, les conflits entre François Ier et Charles Quint, puis les guerres de Succession d’Espagne et d’Autriche. Il fut occupé par les Gallispans en 1747. De 1636 à 1657, Jean-Paul Lascaris (natif de ce village) fut grand maître de l’ordre de Malte. En 1771, le fief est érigé en comté, et Jean-Paul Augustin Lascaris (1720-1797) en fut le dernier seigneur. Castellar, comme le reste du Pays Niçois sera occupé par la France révolutionnaire, puis impériale de 1792 jusqu’en 1814, où Castellar (et le comté de Nice) fut restitué au royaume de Piémont-Sardaigne jusqu’en 1860, date à laquelle tout le Pays Niçois (à l’exception de Tende et la Brigue) fut annexé par la France par le plébiscite truqué.
CASTILLON : Fief des comtes de Vintimille au Xème siècle, Castillionum est mentionné en 1157, lorsque le comte de Vintimille, seigneur de Sospel, le cède à la puissante famille génoise des Vento (qui possédaient également Puypin, le village primitif de Menton, et Roquebrune). Il le récupère vingt ans plus tard : en 1176, Castillon est de nouveau inféodé à Sospel. En 1258, le comte Boniface de Vintimille cède des possessions (Breil, Saorge, Sospel) à Charles Ier d’Anjou, comte de Provence : Sospel devient chef-lieu de la viguerie de Vintimille/Val de Lantosque. En 1348, le dernier seigneur Vento, Manuel, vend son fief de Castillon à Charles Ier Grimaldi, seigneur de Monaco (en 1346, il lui avait vendu Menton pour 16 000 florins d’or). En 1376, les consuls de Sospel rachètent au seigneur de Monaco, pour 770 florins d’or, les droits qu’il possède à Castillon. Puis ils fortifièrent le village primitif afin d’en faire un site défensif contre les Lombards. Lors de la dédition de 1388, Sospel et Castillon deviennent dépendants de la maison de Savoie. En 1793, les troupes révolutionnaires françaises détruisent les fortifications de Castillon. Les deux communes réintègrent les Etats sardes en 1817, après vingt ans d’occupation française. Castillon est détruit lors du tremblement de terre de 1887. Reconstruit, il est de nouveau détruit pendant la Seconde Guerre mondiale et fut reconstruit selon un plan utilisant les conceptions urbanistiques du milieu du XXème siècle à plusieurs kilomètres de l’ancien.
CHATEAUNEUF-VILLEVEILLE (ou encore appelé Chateauneuf-de-Contes) : De nombreux vestiges de castellaras ligures prouvent une implantation très ancienne. Le site est ensuite occupé par les Romains qui y créent un important poste militaire, Villa Vetus / Villa Vetula (Villeveille). Ce castrum de Villa Vetula, très prospère pendant la paix romaine, fut abandonné au VIème siècle, lorsque commencèrent les invasions des Lombards et les incursions des Sarrasins. La population se regroupe sur un piton rocheux des environs et y construit, en 576, le village fortifié de Castel Nuovo, Châteauneuf. Le cartulaire de l’abbaye de St-Pons stipule qu’en 1030, les terres furent données aux moines. Quant à l’église, cité en 1109, c’était un ancien prieuré qui relevait de la cathédrale de Nice. Lors de l’afflouage de 1408 (impôt sur les feux), 15 foyers sont recensés (environ 80 personnes). Ce fief couvrait un vaste territoire car il comprenait Cantaron et Bendejun. En 1249, il est partagé entre les descendants des premiers seigneurs, puis une seconde fois en 1311. Le morcellement le plus importants est effectué en 1769, avec 45 coseigneurs : les Berre, Grimaldi, Blacas, Galléan, Riquier, Lascaris, Tondutti, Cessole entre autres. Toutefois, à cette époque, le titre, simplement honorifique, n’était plus lié à des droits seigneuriaux. En 1748, les villageois abandonnent Castel-Nouvo-da-Nizza pour réoccuper le site primitif de Villeveille (qu’ils nomment Villeveille-Châteauneuf) car il est plus proche des terres cultivables. Ce nouveau village se caractérise par des habitations dispersées. En 1793, le bourg médiéval est dévasté par les troupes révolutionnaires françaises, puis complètement abandonné en 1803. en 1825, le fief est érigé en marquisat au profit de Félix de Constantin de Châteauneuf. Les habitants tiraient leurs ressources de l’élevage et de certaines cultures (haricots, cerises, huile d’olive et olives saler). Le 25 juin 1911, Bendejun et Cantaron deviennent des communes indépendantes. Quand à Châteauneuf-Villevielle, elle fut baptisé Châteauneuf-de-Contes en 1877, mais reprit son nom d’origine en 1992.
CHATEAUNEUF D’ENTRAUNES : Vers l’an mille, les villages du val d’Entraunes étaient inféodés à de grandes familles seigneuriales. (les Glandèves, puis les Balb, Rostaing et Féraud de Thorame) sous la dépendance des comtes de Provence. Au XIIème siècle, les habitants se font accorder d’importances franchises par leur suzerain et jouissent de véritables libertés administratives, comparables à celles des villes consulaires comme Grasse et Nice. Leur petite cité était gérée par des consuls élus chaque année par un conseil des chefs de familles. L’agglomération primitive de Châteauneuf-d’Entraunes occupait probablement le site des Tourrès, perché dans la montagne, à 1680 m d’altitude. Au XIIIème siècle, des textes mentionnent le Castrum de Castro novo, édifié en contre bas, plus près de la vallée principale. En 1388, le val d’Entraunes, comme le reste de la région, passe sous le protectorat de la maison de Savoie. Les habitants demandent à être rattachés à la viguerie de Puget-Théniers. En effet, le val d’Entraunes faisait partie de celle de Barcelonnette, or les voies de communication entre le haut Var et l’Ubaye étaient coupées six mois par an, en raison de l’enneigement. Saint-Martin et Entraunes n’obtiennent pas gain de cause contrairement à Châteauneuf et Villeneuve qui sont rattachés à Puget-Théniers. En 1597, pendant les guerres de la « Ligue », les villageois et le capitaine Bonfiglio, un officier chargé de la défense du château, résistent aux troupes françaises. En 1616, Charles-Emmanuel Ier de Savoie cède ses droits sur diverses terres du comté de Nice., dont Enraunes, à Annibal Badat (le gouverneur de Villefranche). Les communautés rachetèrent leur indépendance contre 1 500 ducatons. Par lettre-patente du 4 juin 1621, le duc s’engagea à ne plus les inféoder. Toutefois, en 1696, Victor-Amédée II, dans le but de renflouer les caisses de son duché réclame aux quatre communautés un rappel d’impôts impayés entre 1388 et 1645. Etant dans l’impossibilité de payer ces arriérés, elles sont vendues : Châteauneuf à l’abbé Collet-Papachinot, Entraunes au gentilhomme entraunois Louiquy, Saint-Martin à un Chenillat de Péone et Villeneuve à un certain Michael-Ange Codi, de Turin. L’ensemble des juridictions fut adjugés pour 8 000 livres. Après deux ans de négociations, lesdites communautés purent racheter leur liberté. En 1702, elles sont pratiquement libérés de leurs éphémères seigneurs et réinvesties du titre de « comtesse d’elle-même ». Le val d’Entraunes, situé à plus de 100 km de la côte, à proximité des sources du Var, est la vallée la plus reculée du Pays niçois. Jusqu’à une époque relativement récente, ses habitants ont vécu presque en autarcie, sauf pour certaines denrées comme le sel, le vin et l’huile d’olive. Ils tiraient leurs principales ressources de l’agriculture et de l’élevage de moutons. Ils tissaient le chanvre et la laine produits sur place, mais uniquement pour les besoins locaux. Toutefois, dès le XVIIème siècle, le travail des textiles se développa et les habitants se spécialisèrent dans la fabrication de draps. Actuellement, les activités de cette localité, dont une parte du territoire est incluse dans la zone d’adhésion (périphérique) du Parc du Mercantour, sont axées au tourisme : elle possède des gîtes, une ferme-auberge et un musée éthographique. Un moulin à farine et un four on été restaurés et sont accessibles aux visiteurs.
CLANS : La présence de l’homme sur ce territoire est attestée par des vestiges datant de l’âge de bronze. Cette occupation fut d’ailleurs permanente jusqu’à nos jours. Le village est situé sur une ancienne voie de communication qui reliait Nice à Barcelonnette en passant par Levens, le Cros d’Utelle, Utelle, La Tour, Clans, Marie, St-Sauveur, Isola, St-Etienne-de-Tinée et St-Dalmas-le-Selvage. Au XIème siècle, Clans (et son hameau de Marie) appartient aux Thorame-Glandèves. Il est regroupé autour de son église paroissiale, qui en 1066, a été donné à l’évêque de Nice. En 1137, cette église, sous le vocable de sainte Marie, est la seule du diocèse à être instituée en collégiale. En 1349, le village est affranchi par la reine Jeanne qui y installe un juge et une gabelle. En 1388, lors de la dédition, Clans est rattaché au comté de Savoie, qui, comme pour toutes les communautés de la région, maintient les privilèges obtenus à l’époque par le comté de Provence. Mais en 1389, le comte de Savoie confisque le fief à Jacques de Revest et Florent de Castellane, qui en sont les coseigneurs, après les avoir déclarées rebelles. Ce qui ne change rien aux privilèges des habitants de Clans qui continuent de développer leur leurs activités agricoles, principalement oléicoles et forestières. En effet, la forêt domaniale de la commune, sur les pentes du mont Tournairet, est mentionnée dans les textes très anciens. En 1635, Honoré Orsier acquiert les biens à Clans (fours, moulins, pâturages) et devient le seigneur du fief, lequel est érigé en comté dix ans plus tard. L’ours représenté sur le blason de la commune rappelle cette famille. Marie obtient son autonomie en 1427, mais le partage des terres ne fut terminé qu’en 1673. Par contre, les hameaux de Pont-de-Clans et de Bancairon on été crées à partir de 1880, à la fin de la construction de la route. Chaque été, les Clansois célèbrent la fête du Bois et la fête du Patrimoine.
COARAZE : Le site fut occupé par les Ligures, puis par les Romains qui y établirent un camp fortifié. Une voie romaine reliant Cemenelum (Cimiez) à la vallée de la Vésubie passant par le col Saint-Michel. En 1325, le roi Robert le Sage, comte de Provence, fait l’acquisition de Coaraze. En 1331, il cède Daniel Marquesan (consul de Nice en 1326, 1330 et 1339) les deux tiers du château et de la seigneurie de Coaraze contre la moitié de la seigneurie de La Turbie. En 1337, nouvel échange : Robert donne à Daniel Marquesan le dernier tiers de la seigneurie de Coaraze contre des fiefs situés dans le Var. En 1338, Daniel Marquesan rend l’hommage vassalique au roi Robert pour la totalité du fief. En 1364, Coaraze et Roccasparvièra sont érigés en baronnie par la reine Jeanne. Après la dédition de 1388, Coaraze devient dépendant de la maison de Savoie. Lors de l’affouage de 1408, 16 foyers sont recensés (environ 80 habitants). A la suite de l’invasion du comté de Nice par les français (mars à mais 1629), les Espagnols, alliés de la Savoie, l’occupent pour une douzaine d’années. Joseph Marquesan, ne pouvant assumer les dettes de la succession, vend la baronnie de Coaraze aux Barralis et à Pierre Chioattero. En 1735, c’est le comte de Valperga de Revara, majordome du roi de Sardaigne, qui en hérite. En 1744, pendant la guerre de succession d’Autriche, les Gallispans envahissent le comté de Nice. Coaraze va être administré par une déléguation franco-espagnole jusqu’en 1748, date à laquelle Coaraze et le comté seront rendu à la maison de Savoie (traité d’Aix-la-Chapelle). De tout temps, les châtaigniers ont représenté la principale ressource des villageois, mais à partir du XVème siècle, la culture de l’olivier s’est beaucoup développé. Le premier week-end de juin, Coaraze organise des journées médiévales. Plusieurs autres fêtes sont célébrées chaque été : de l’Olivier (15 août), de la Peinture et du Patrimoine (5 septembre). Mais Coaraze accueille également un championnat de Pilo, un des jeux traditionnels niçois (prononcer « Pilou ») « le championnat du monde de Pilo » organisé en été. Selon la légende, Coaraze devrait son nom au diable qui eu la queue coupé en se prenant dans une piège.
COLOMARS : L’histoire de Colomars (et de Castagniers) se confondit, jusqu’au 2 juin 1874, avec celle d’Aspremont. En effet, cette année-là, à la suite de nombreuses et anciennes dissensions, en particulier sur la gestion de pâturages, elles deviennent des communes distinctes. A l’époque Colomars comptait 572, Aspremont 535 et Castagniers 477. Columbaris est mentionné pour la première fois dans une charte datée de 1070, lorsque les enfants de Raimbaud de Nice et ceux de Rostaing de Gréolières garantissent des biens au monastère de St-Pons. Aspremont et ses hameaux furent un fief des Châteaunef, Chabaud, Marquesan, puis des Borriglione, jusqu’à la révolution française. L’habitat primitif de Colomars, regroupé autour de son église, sur la partie haute du territoire, date du Moyen-Age. Quant au quartier de la Manda, situé au bord du Var, il s’est développé à la suite de l’endiguement du fleuve.
CONTES : Une inscription mentionnant Vicus Cuntinus sur une stèle funéraire romaine datant du Ier siècle, ainsi que des citations latines du IIème siècle, attestent que le site fut occupé par les Ligures puis par les Romains. Le cartulaire de l’abbaye de St-Pons nous apprend qu’en 1057, les moines possédaient des terres à Contenes. En 1108, elles sont placées sous la juridiction du chapitre de la cathédrale de Nice. A cette époque, le village occupait deux sites : le castrum défensif, bâti sur un éperon rocheux, et le villum en contrebas, au bord du Paillon. Au Moyen-Age, Contes (ainsi que Castellat, Gorbio, Ste-Angès, Berre, L’Escatène, Peillon, La Turbie) était sous la suzeraineté de la commune libre de Peille. Aux XIIème et XIIIème siècle, ces différents villages se séparent. Après la dédition de 1388, la localité, passe sous l’autorité de la maison de Savoie. Lors de l’affouage de 1408, 15 foyers sont recensés (environ 75 habitants). En 1530, le villum est détruit par une crue du Paillon, les habitants s’installent autour du castrum. En 1699, son duché étant dans une situation financière catastrophique, Victor Amédée II de Savoie décide, pour renflouer ses caisses, de vendre des fiefs non inféodés. C’est ainsi que Contes, Venanson, Isola, Utelle, Breil, Saorge, La Bollène, Valdeblore et Levens sont inféodés à un certain Jean Ribotti (un médecin exerçant à Milan mais originaire de Pierlas) pour la somme de 159 580 livres. Devant le refus des villageois, le duc réaffirme leurs libertés municipales et leurs droits. De surcroît, certaines communes reçoivent le titre de « comtesse d’elle-même ». Finalement, Jean Ribotti ne conservera que le Val de Blore. Comme dans tout le comté, Contes dut subir l’occupation des révolutionnaires français : la résistance des Barbets s’organisa et leur présence à Contes dura jusqu’en 1802. Au Moyen-Age, le hameau de la Pointe-de-Contes, situé au carrefour du Paillon et du Rio de La Garde, étaient un relais-étape sur la route du sel. Contes était à l’écart des différentes voies de communication (voies romaines, routes du sel, Grand Chemin ducal) car elles passaient à l’ouest ou à l’est du village. Ce derniers ne s’est vraiment développé qu’à partir du XVIIIème siècle, grâce à la construction de la route Nice-Cuneo. Aujourd’hui avec les nouvelles voies et moyens de communication, Contes est devenu un lieu de résidence pour ceux travaillant à Nice.
LA CROIX : (Appelé aujourd’hui la Croix-sur-Roudoule). Des pièces de monnaies à l’effigie de l’empereur Auguste et des tegulae (tuiles romaines) retrouvés sur le territoire attestent la présence des Romains. D’après certains écrits, au début du XIIIème siècle, le Castrum de Cruce était un fief des Templiers. Un document de 1262 signale également la présence des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (futur ordre de Malte). Ce sont ces derniers qui édifièrent au sommet du village un château fort surmonté d’une immense croix : elle à probablement donné son nom au village. A cette époque, ils participaient aux guerres que menaient les comtes de Provence (Catalan) contre les comtes de Castellane et de Glandèves. La Croix occupait une position stratégique sur l’axe reliant Puget-Théniers à Guillaumes. Lorsqu’en 1312, sous la pression de Philipe le Bel, le pape Clément V prononce la dissolution de l’ordre des Templiers, ce sont les Hospitaliers qui récupèrent leurs possessions d’Annot, Ascros, la commanderie de la Croix, Guillaumes, Isola, Pierlas, Saint-Dalmas-le-Selvage, Saint-Etienne-de-Tinée. La Croix gardera son statut de commanderie jusqu’en 1491 et dépendit du commandeur de Nice jusqu’à la révolution. Depuis 1453, les prévôts de Glandèves revendiquaient une partie des droits seigneuriaux sur ce fief, ils obtiennent gain de cause en 1585, et ce dernier est partagé entre plusieurs coseigneurs (Villeneuve, Corporandi d’Auvare …). En 1760, lors du Ier traité de Turin, La Croix (comme Auvare) est réuni ai royaume du Piémont-Sardaigne et intègre le « comté » de Nice. A l’époque des ducs de Savoie, une route muletière passait par le col de Roua et continuait jusqu’à Barcelonnette par le col de la Cayolle. Elle fut utilisée jusqu’à l’aménagement des gorges, en 1883, et faisant de La Croix une étape obligée pour les voyageurs. Le village connut une longue période de disette entre 1804 et 1814. Puis il bénéficia d’une grande prospérité, de 1860 à 1866, grâce à l’exploitation de mines de cuivre au hameau de Léouvé. Elles représentaient 70 % de la production française. Le village comptait alors plus de 500 habitants, mais la fermeture de ces mines, entraîna le départ d’une partie de la population. De nombreuses fêtes sont célébrées tout au long de l’année : la fête patronale de la Saint-Anoux, à la mi-août, avec la coutume ancestrale de la procession à la chapelle ; la Pentecôte est le deuxième rendez-vous traditionnel réunissant l’ensemble des villageois. A cette occasion on sert la soupe du St-Esprit (préparée avec des haricots, de l’huile d’olive), accompagnée de pain béni. En dehors du tourisme (plusieurs gîtes et chambres d’hôtes) l’agriculture ainsi que l’élevage de bovins et d’ovins (dont un élevage label bio) font partie des autres activités économiques du village.
CUEBRIS : Le territoire fut habité sans interruption du néolithique jusqu’à la période gallo-romaine. Au début du XIème siècle, le premier seigneur de Cobrium, Laugier Le Roux, est cité dans un acte de donation du cartulaire de l’abbaye de Lérins. Plusieurs familles seigneuriales lui succèdent. Des documents de 1176 mentionnent la présence des Templiers. Vers 1320, Geoffroi de Châteauneuf, alors seigneur du lieu, fit édifier un château qui dominait le village. Au début du XIVème siècle, Cuébris, avec ses 101 feux au recensement de 1315 (environs 505 habitants), est la localité la plus peuplée de la région. Toutefois, avant la fin du siècle, le village s’était à moitié dépeuplé à cause de plusieurs épidémies de pestes, suivies de violentes intempéries qui provoquèrent des famines. Au recensement de 1364, il ne restait plus que 49 feux (environ 245 habitants), et 28 à celui de 1471 (environ 140 habitants). Aux XIVème siècle, le fief appartenaient à la famille Flotte. Elle le conserva jusqu’en 1760. Lors de la dédition de 1388, Cuébris demeura provençal. En 1394, Guillaume Flotte est confirmé dans son titre de seigneur par sa suzeraine, la reine Marie. Cette enclave provençale dans le comté de Nice posait des problèmes de circulation et de passage. A la suite du Ier traité de Turin (1760), Cuébris est rattaché au comté de Nice, et dans le même temps, devient une possession des Isnardi, seigneurs de Coursegoules.
COMMUNES : LETTRE D
DALUIS : Au début du XIIIème siècle, des textes mentionnent le Castrum de Adaluesio et en 1252, le Castrum de Adalosio. Ce château féodal fut détruit au XIVème siècle, restauré, puis complètement ruiné en 1793 par les révolutionnaires français. Primitivement seigneurie des Castellane-Thorame (branche de Dalui), le fief passe aux Templiers puis aux Hospitaliers de St-Jean-de-Jérusalem. Lors de la dédition de Nice à la Savoie de 1388, Daluis (comme Guillaumes, Sausses et Le Castellet) reste provençal. Les Hospitaliers et les Corporandi d’Auvare en furent les coseigneurs jusqu’au XVIIIème siècle. Le fief échoit ensuite aux Villeneuve-Beauregard qui avaient obtenu de Louis XIV une concession pour l’exploitation des gisements de cuivre. Lors du premier traité de Turin (1760), le village est cédé au royaume de Piémont-Sardaigne afin de simplifier le tracé de la frontière entre le royaume du Piémont-Sardaigne et celui de la France. L’histoire de Daluis va se confondre ensuite avec celle du comté de Nice auquel il est intégré. Daluis est situé sur un éperon rocheux ; à l’entrée des gorges de schistes rouges du Var ; à cet endroit un pont permet aux différentes routes muletières de franchir le fleuve. Ce sont également les itinéraires emprunté par les grands troupeaux lorsqu’ils effectuent leur transhumance. La construction de la route nationale, entre 1880 et 1887, a permis au quartier de la Salette de se développer : à cette époque, ses auberges et restaurants servaient de relais.
DRAP : Les vestiges d’un castellaras, au sommet d’une colline boisée, attestent une occupation ligure. Le territoire conserve également les traces d’un château féodal du Xème siècle, construit à l’emplacement de fortifications romaines, non loin de la Via Julia Augusta qui reliait Cemenelum (Cimiez) à la Turbie. Dès 1025, des textes signalent l’existence de teintureries, de fabriques de drap et étoffes de laine à Drapum. En 1073, l’évêque de Vaison fait don de ce fief (avec l’ensemble de la rive droite du Laghet et une partie du territoire actuel de La Trinité) à l’évêque de Nice. En 1388, avec la dédition de Nice à la Savoie, Drap rejoint le comté de Savoie. Depuis 1560, les évêques niçois portent le titre de comte de Drap. François Ier et Charles Quint se seraient rencontrés dans cette place forte, en juillet 1536. En 1564, à la suite d’un tremblement de terre, la population déserte progressivement le site primitif et s’installe dans la vallée du Paillon. En 1585 et 1604, les évêques de Nice donnent des terres à défricher, en contrepartie, les familles bénéficiaires ont pour obligation d’y construire leur maison. En 1616, le prélat cède toutes ses terres aux Drapois, moyennant une redevance annuelle de 300 louis d’or ‘en 1839, ils se libèrent de cette redevance en rachetant leurs droits à Mgr Galvano pour la somme de 30 000 francs). Plusieurs voies de communication essentielles, les routes du sel, reliant le port de Nice au Piémont. Deux d’entre elles passaient par Drap : le chemin de la Vésubie (La Trinité, L’Escarène, Lucéram, Lantosque par les cols de Saint-Roch et de Porte, Roquebilière et Saint-Martin, puis jonction avec la Tinée et Saint-Sauveur par Saint-Dalmas, La Roche, La Bollène et Rimplas), et la route du col de Tende (La Trinité, l’Escarène, Col de Braus, Sospel, Col de Brouis, Breil et la haute Roya). Sur ces axes de grande circulation empruntés par les caravanes de mulets (seul celui de Tende était carrossable) Drap devient un relais-étape important. De nombreuses maisons sont construites le long de cette route, de multiples corporations d’artisans (maçons, charpentiers, tailleurs de pierre…) ainsi que des auberges, s’y établissent aussi. L’activité des tisserands se développe et leur production est commercialisée en Provence et en Ligurie. La commune compte 100 habitants au début du XVIIème siècle, 500 au XVIIIème siècle et 800 en 1833. En 1869, une convention met fin à des querelles datant du XIème siècle, entre Drap, Eze et La Trinité. Elles concernaient la délimitation des territoires communaux. Ladite convention fut confirmé en 1892, lors de la révision du cadastre. La Trinité récupérait la rive droite du Laghet, et Drap conservait le reste du Tercier avec un droit de passage pour abreuver les bêtes dans le Laguet.
DURANUS : Roccasparvièra est cité dès le XIIème siècle, il appartient alors aux Riquier, une grande famille niçoise. Ce château est cité de nouveau au XIIIème siècle, dans les Enquêtes sur les droits et les revenus de Charles Ier d’Anjou et de Provence (1252 et 1278). Les habitants des villages alentour, dont celui de Manquel, s’y réfugiaient en cas de danger. En, 1271, les hommes de Peille, Lucéram et Roccasparvièra prêtent serment de fidélité à Charles Ier (archives départementales des Bouches-du-Rhône). A cette époque, le territoire qu’occupe Duranus est inhabité mais cultivé. Daprès la légende, en 1348, la reine Jeanne, comtesse de Provence, aurait séjourné au château de Roccasparvièra. Pendant qu’elle assistait à la messe à Coaraze, ses ennemis auarient tués ses enfants, restés au château. Elle aurait alors maudit la citadelle et prédit sa destruction (voir en détail dans la catégorie « LEGENDES »). En réalité, la reine Jeanne ne vint jamais dans l’arrière-pays niçois. En 1358, elle vend le fief au seigneur de Coaraze, Pierre Marquesan. Cette famille va le conserver jusqu’en 1777. Lors de la dédition de 1388, le fief passe, comme toute la région sous le protectorat de la maison de Savoie. Lors de l’affouage de 1408 (impôt sur les feux), 5 foyers son recensés (environs 25 habitants). En 1629, il est érigé en baronnie par les ducs de Savoie. Toutefois, au début du XVIIème siècle, une série de calamités provoquent l’abandon du village de Manquel : guerres, épidémies et, pour finir, le tremblement de terre de 1618 qui détériore irrémédiablement la canalisation alimentant le village en eau. Les habitants se rapprochent des sources et s’établissent sur les terres de Duranus. Les actes officiels font état de Roccasparvièra-Duranus jusqu’au transfert de la paroisse, en 1723 (après avoir transporté leurs maisons, pierre par pierre avec l’aide de bêtes de somme, les habitants effectuent le déménagement de leur église vers le site de Duranus). En 1777, Monery de Calyus, un cousin des Marquesan, hérite de la seigneurie. Sous la révolution française, les troupes révolutionnaires occupent le pays niçois. Duranis et le « comté » redeviennent sardes en 1814 jusqu’en 1860, date de l’annexion par le plébiscite truqué. C’est sur le territoire de la commune de Duranus que se trouve le Saut des Français, où durant la révolution, les résistants Barbets jetèrent du haut de cette falaise de 300 mètres de haut les soldats révolutionnaires français qu’ils capturèrent. A l’époque, le Saut des français était anecdotique, aujourd’hui, elle représente un symbole fort de la résistance des Barbets face à l’envahisseur français.
COMMUNES : LETTRE E
ENTRAUNES : Bien qu’aucune trace de leur présence n’ai été retrouvée, le territoire d’Entraunes fut probablement habité par les Ligures. Selon les historiens, il pouvait s’agir des Eguituri ou des Gallitae. Rien ne subsiste non plus d’une éventuelle occupation romaine. Vers l’an mille, les villages du val d’Entraunes étaient inféodés à de grandes familles seigneuriales (les Glandèves, puis les Balb, Rostaing et Féraud de Thorame) sous la dépendance des comtes de Provence. Au XIIème siècle, les habitants se font accorder d’importantes franchises par leur suzerain et jouissent de véritables libertés administratives, comparables à celles de villes consulaires comme Grasse et Nice. A cette époque, l’abbaye de St-Saturnin d’Apt disposait d’un prieuré à Entraunes. En 1388, lors de la dédition de Nice à la Savoie, le val d’Entraunes passe sous le protectorat de ma maison de Savoie comme toute la région. En plus d’être garantie de la reconduite de leurs libertés, ainsi que de leurs droits et devoirs (comme il est stipulé dans la charte de la dédition) les habitants demandent également à être rattachés à la viguerie de Puget-Théniers. En effet, le val d’Entraunes faisait partie de celle de Barcelonnette, or les voies de la communication entre le haut Var et l’Ubaye étaient coupées six mois par an en raison de l’enneigement. Saint-Martin et Entraunes n’obtiennent pas gain de cause, contrairement à Villeneuve et Châteauneuf qui sont rattachés à Puget-Théniers. Lors du traité de Paris (1718), Louis Xv récupère le Mas mais en contrepartie, Entraunes et Saint-Martin sont détachés de la viguerie de Barcelonette (devenue française en 1713, traité d’Ultrecht), et sont maintenus dans le comté de Nice. En 1616, Charles Emmanuel Ier de Savoie cède ses droits sur diverses terres du comté de Nice, dont le val d’Entraunes, à Annibal Badat (le gouverneur de Villefranche). Les communautés rachètent leur indépendance contre 1500 ducatons. Par lettre-patente du 4 juin 1621, le duc s’engage à ne plus les inféoder. Toutefois, en 1696, Victor-Amédée II, dans le but de renflouer les caisses de son duché, réclame aux quatre communautés un rappel d’impôts impayés entre 1388 et 1645. Ne pouvant payer, elles sont vendues : Chateauneuf à l’abbé Collet-Papachino, Entraunes au gentilhomme entraunois Louisquy, Saint-Martin à un Chenillat de Péone et Villeneuve à un certain Michel-Ange Codi de Turin. L’ensemble des juridictions fur adjugé pour 8000 livres Après deux ans de négociations, les dites communautés purent racheter leur liberté. En 1702, elles son pratiquement libérés de leurs éphémères seigneurs et réinvesties du titre de « comtesse d’elle-même ». Au cours des siècles, Entraunes a subi de nombreux maux : le village est incendié par des bandes gasconnes en 1446 et par Jean-Baptiste Grimaldi seigneur d’Ascros en 1546. En 1598, ce sont les troupes françaises qui le mettent à sac et qui démantèlent le château. en 1796, l’éboulement du Penas provoque des dégâts importants. En janvier 1875, le village est presque totalement détruit par un incendie.
L’ESCARENE : Le territoire possède les vestiges d’un castellaras et d’un castrum romain. La communauté d’habitants de Scarena est cité pour la première fois dans une charte de 1037 : un certain Bonix fait don à l’église Saint-Pierre de L’Escarène d’un bien situé dans une propriété rurale (la Saleta de Saraman), de l’autre côté du Var. A cette époque, le bourg possède un prieuré qui relève de l’abbaye de Saint-Pons. Lors de l’affouage de 1408, 6 foyers sont recensés (environ 30 habitants). Il est un des nombreux fiefs de la commune libre de Peille jusqu’en 1520, date de son détachement. En 1570, les habitants abandonnent le site primitif du village, sur le mont Pifourchier, et s’installent plus bas, près des rives du Paillon. Dès 1591, L’Escarène est en plein essor car il est situé à la jonction des voies de communication reliant Lucéram, Peille, Sospel et Nice. Il est également sur le trajet d’une des routes du sel qui mènent de Nice au Piémont. A cette époque, 30 000 mulets transitent chaque année par le village qui possède un hôtel de la Gabelle situé à proximité du Pont-Vieux, l’unique pont sur le Paillon. Les caravanes de mulets qui acheminent le sel en Italie en rapportent du blé, du vin et des peaux. Le village devient ainsi une importante ville d’étape, avec des écuries pour fournir chevaux et mulets aux voyageurs. A partir de l’ouverture, en 1624, de la route du col de Tende qui mène de Nice à Turin, le village se développe encore plus. Il possède alors un tribunal et plusieurs hôtels. L’Escarène fut une seigneurie des Tonduti, une veille famille niçoise qui a été investie de nombreux fiefs et porta les titres suivants : comte de l’Escarène (érigé en comté en 1700), de Villefranche, seigneur de Châteauneuf, Peillon, Falicon, Touët-de-l’Escarène. En 1928, eu lieu l’inauguration de la voie ferrée Nice-Cuneo via L’Escarène. La commune possède un moulin à huile communal et les olives escarènoises sont d’appellation d’origine contrôlée « Olive de Nice » sur leurs trois dérivés : olives, pâte d’olives et huile d’olives.
EZE : Le territoire ézasque, que traversait la Voie héracléenne, fut occupé par les Celto-Ligures (castellaras du mont Bastide), puis par les Romains qui créent le port d’Avisio. La chute de l’Empire romain est suivie de nombreuses vagues d’invasions barbares (en 578, le site est investi par les Lombards) et d’incursion de pirates sarrasins. Les habitants se réfugient sur un piton rocheux dominant la mer et le transforme en site défensif. Au Xème siècle, ils subissent l’occupation des Sarrasins jusqu’à ce que la région soit libérée par Guillaume Ier de Provence (vers 973). Ce n’est qu’à partir du XIIème siècle que sont mentionnés les premiers seigneurs d’Eze, originaires de Nice pour la plupart : les Riquier, les d’Eze, les Badat, les Blacas. Une enceinte fortifiée est alors construite autour du village, elle résista jusqu’au XVIIIème siècle. Au milieu du Moyen-Age, le territoire d’Eze s’étend des rives du Paillon jusqu’à La Trinité et au vallon de Laguet (en 1818, le hameau de La Trinité est érigé en commune indépendante). En 1229, le comte de Provence Raymond Bérenger V confisque le château, qui devient possession des Anjou jusqu’en 1388, et il en confie la garde à un castellan. Après la dédition, ledit château échoit à la couronne de Savoie jusqu’en 1706, date de son démantèlement par les troupes française. En 1543, pendant que Nice est assiégée par les franco-turcs, le village d’Eze est occupé par les troupes du sultan turc Soliman le Magnifique, allié à François Ier. En 1414, les Ezasques obtiennent leur autonomie à l’encontre de leurs feudataires, les Riquier, et forment une communauté : ils sont en possession des droits féodaux et placés sous la dépendance judiciaire directe des ducs de Savoie. Malheureusement, en 1590, la commune, très endetté, perd tous les avantages acquis. En 1591, le comte Antoine Valperga, en rachetant la dette, devient propriétaire d’Eze, et dans le même temps, le duc de Savoie lui concède le fief qui est érigé en comté. Les Ezasques s’opposent vainement à cette inféodation. En 1611, Eze est vendu aux Cortina Saint-Martin qui vont le conserver jusqu’à la révolution française. Pendant la guerre de Succession d’Autriche (1744-1748), la région est de nouveau ruinée. Ese, comme le reste du « comté » de Nice est occupé par la France de 1792 à 1814, puis réintègre le royaume de Piémont-Sardaigne avant d’être de nouveau annexé à la France par le plébiscite truqué de 1860, comme le reste du Pays Niçois. De cette commune présentée dans tous les guides touristiques, on retient surtout le site perché et fortifié dominant la côte qui était connu par les premiers touristes : sa mise en valeur au temps du tourisme automobile et la fixation dans ses ruelles de nombreux artisans d’art et d’artistes en à fait un des sites les plus connus de la région. Le philosophe allemand Friedrich Nietzche (1844-1900) était un habitué d’Eze, il l’apprécié pour son panorama et pour son climat que réclamait sa faible constitution, s’adonnant à de longues promenades entre Nice et Eze. En 1884, il y termine la dernière partie de l’un de ses ouvrages les plus célèbres : « Ainsi parlait Zarathoustra ». on raconte aussi que les trois corniches (la Basse, la Moyenne et la Haute Corniches) auraient inspiré Dante Alighieri pour la description des paysages de sa « Divine Comédie »
COMMUNES : LETTRE F
FALICON : De nombreux vestiges archéologiques attestent que le site fut occupé par les Celto-Ligures puis par les Romains. L’Eglise Saint-Michel de Barbalate, près de Falicon, est mentionné en 1073, lors d’une donation des vicomtes de Nice à l’abbaye de Saint-Pons. Quant au castrum de Falicon, il est cité pour la première fois au XIIIème siècle, lorsque les moines bénédictins de St-Pons font construire le premier château, sur les ruines d’un camp fortifié de l’âge de fer. Falicon reste leur fief jusqu’au XVIème siècle, ils doivent ensuite en partager les droits et les revenues avec plusieurs coseigneurs : les Marquesan, les Tonduti, les Rainaldi. Le reste de l’histoire de Falicon se confond avec celle du Pays Niçois depuis la dédition de 1388 jusqu’à l’annexion de 1860. La fête patronale du village, la Saint-Vincent, est célébrée le 22 janvier. Ce saint est le patron des oliviers et de la vigne. La culture de l’olivier présenta longtemps une des principales activités économiques des habitants. Une autre fête patronale, celle de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, est célébrée vers la mi-juillet. La reine Victoria appréciait Falicon ; il n’était pas rare qu’elle vienne s’y promener en fin d’après-midi. Quand à Jules Romains, séduit par la beauté du site, il l’a choisit comme cadre pour un épisode de son 18ème volume « La Douceur de la vie », dans l’œuvre « Les Hommes de bonne volonté ».
FONTAN : Cet ancien hameau de Saorge, situé sur la rive gauche de la Roya, et sur le trajet du Grand Chemin ducal route royale, prend un essor important lorsque, par décret du 30 juin 1616, le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie ordonne l’établissement d’un gîte d’étape pour les voyageurs au lieu dit Fontana (ou le Fontan). Entre 1692 et 1696 et entre 1794 et 1814, Saorge (Fontan étant à l’époque un de ses hameaux) sera prit et annexé par les français comme tout le « comté » de Nice, avant d’être rendu à chaque fois à la Savoie. Et en 1860, elle sera de nouveau annexé par la France comme le reste du pays niçois via le plébiscite truqué. En 1780, le roi de Sardaigne Victor Amedée III fait transformer la Route royale (nouvelle appellation du Grand Chemin ducal), qui est encore un chemin muletier entre Lucéram et Limone, en route carrossable sur la totalité de son parcours. Dès que cette route charriable est terminée, pratiquement tout le trafic commercial entre la le littoral niçois et le Piémont va s’y concentrer. Le 21 septembre 1870, la commune obtient son détachement de Saorge. En juin 1940, elle est annexée par les Italiens avant d’être occupé par les Allemands en septembre 1943 suite à la capitulation des Italiens. Fontan sera libérée le 25 avril 1945.Les eaux de la Fouze, qui ont reçu le label « Eau de montagne », ont constitué pendant longtemps une des principales ressources du village. L’usine d’embouteillage est fermée depuis peu. Actuellement, parmi les activités des villageois, l’élevage de moutons et de chèvres ainsi que la pisciculture tiennent une place importante. La végétation est variée : châtaigniers, landes, forêts de résineux et de feuillus. Le climat tempéré et la proximité de la Méditerranée permettent la culture de l’olivier. Fontan possède de nombreux gîtes ruraux, chambres d’hôtes et appartements meublés, ainsi qu’un camping municipal situé le long de la rivière, dans un cadre arboré.
30 mai 2006
COMMUNES : LETTRE G
GILETTE : De nombreux vestiges datant de l’âge du bronze (enceinte fortifiée, tombes, traces d’habitats) témoignent de la présence des Ligures (tribu des Gallites). Le territoire de Gilette est ensuite investit par les Romains qui en font comme à Bonson, un poste de surveillance (ruines de Colle Belle), et qui construisent un axe routier secondaire entre Cemenelum (Cimiez) et Podium Tinearum (Puget-Théniers). Cette voie romaine traversait l’Estéron par un qué situé entre Le Broc et Gilette. Vers l’an 500, le village primitif occupe un site ligure à Lou-Chier. D’abord attaqué par les Lombars, il est définitivement abandonné à la suite des raids incessants des Sarrasins. Entre les VIème et VIIème siècles, le village est reconstruit sur son emplacement actuel. Gileta est mentionné pour la première fois en 1028, dans le cartulaire de Saint-Pons et de nouveau en 1079, en tant que prieuré bénédictin relevant de l’abbaye Saint-Victor à Marseille. Le fief appartenait alors à la famille des Thorame-Castellane. Le château est édifié dans le courant du XIIème siècle par le comte de Provence Alphonse Ier. Entre les XIIIème et XVème siècles, la seigneurie relève successivement des Glandèves, Bras, Ranuffi et Berre. La position presque inaccessible de cette sentinelle du Var en fait une place forte très convoitée. Au début du XVIème siècle, elle a pour feudataire Honoré Laugier, seigneurs des Ferres. Entre 1536 et 1544, elle est occupée par les Français, puis inféodée aux Orsiero et aux Caïs. Le 25 juillet 1635, Gilette est érigé en comté. En 1792, les révolutionnaires français l’occupent. Le 18 octobre 1793, en prenant la forteresse, les français remporte une victoire inattendue sur les Austro-Sardes (la bataille de Gilette). Elle fut suivit de la prise de Saorge par Masséna. Le comté de Nice ne tarde pas à être totalement occupé par la France jusqu’à la chute de l’Empire en 1814. Gilette réintégra le royaume de Sardaigne jusqu’à l’annexion du comté de Nice suite au plébiscite truqué de 1860.
GORBIO : D’après la légende, ce village aurait été crée par l’apôtre St Barnabé. Au début de l’an mille, Gorbio est mentionné pour la première fois dans une charte déterminant les limites du comté de Vintimille. En 1146, le comte Obert de Vintimille rend l’hommage à la République de Gênes. En 1157, son fils Guido Guerra se soumet au même rituel. Le Castrum Golbi va rester sous la suzeraineté des Génois pendant plus d’un siècle. En 1258, le comte Guillaume III de Vintimille (dit Guillaumin) cède au comte de Provence ses terres du Val de Lantosque et celles ayant appartenu à son père, dont les castra de Ste-Agnès, Gorbio, Tende, La Brigue, Castellar et Castillon. Il reçoit en échange 1000 livres tournois ainsi qu’une terre en Provence (il devint ainsi seigneur du Puget). Cette cession n’est pas acceptée par ses frères, les comtes Pierre-Balbe et Guillaume-Pierre, qui entrent en rébellion contre les Provençaux. En 1285, le comte de Provence redonne l’investiture de certains fiefs, dont Gorbio, à des descendants des Vintimille (les fils de Guillaume-Pierre et d’Eudoxie Lascaris, ainsi que celui du comte Guillaumin). Lors de la dédtion de 1388, Gorbio passe sous le protectorat de la Savoie. Les Lascaris vont conserver leurs fiefs. Toutefois, à partir de 1522, par vente ou par héritage ils cèdent certains de leurs droits à diverse familles. Ces coeseigneurs étaient les Fabrin Gabiani, De Fera, Raimondi, Isnardi, De Gurbenatis et Corvesi. En 1746-1747, lors de la guerre de Succession d’Autriche, de violents combats ont lieu dans le village. De 1792 à 1814, il est occupé comme tout le pays niçois par la France et sera annexé de nouveau à la France en 1860 lors du plébiscite truqué.
GUILLAUMES : Le territoire possède de nombreux vestiges datant du néolitiques, et c’est sur le site d’un habitat gallo-romain que, vers l’an mille, Guillaume le Libérateur fonde le castrum primitif en 1231, la cité obtient de son suzerain, Raimond Bérenger V, des privilèges qui en font une commune libre. Sa position géographique au confluent de deux cours d’eau favorise son rôle de centre commercial régional et fait d’elle, pendant quatre siècles, la capital de la haute vallée du Var (elle fut chef-lieu de bailliage puis viguerie). Quant au château construit vers 1240, il est, quelques années plus tard (1248), confisqué par le comte Charles Ier e Provence qui y installe un castellan et une garnison. La reine Jeanne va essayer par deux fois d’inféoder la Communauté (1358 et 1380), sans succès car les Guillaumois rachètent leurs droits. Après la dédtion de Nice à la Savoie, Guillaumes, de par sa situation provençale entourée de villages dépendant de la Savoie, elle devient une importante place forte. En 1450, le roi René fait reconstruire un château fort sur un site perché défensif. En 1481, lors e la réunion de la Provence au royaume de France, Guillaumes devient français. François Ier lui confirme ses privilèges en 1518 et en fait une ville royale. En 1575, Henri IV y installe une garnison permanente. Le 22 août 1682, elle est détruite par un incendie. Lors des rectifications de frontières effectués en 1760, Guillaumes est cédé au royaume de Piémont-Sardaigne, mais l’article 9 du traité stipule que le château ainsi que les ouvrages de fortifications doivent êtres démantelés. Son histoire se confond ensuite avec celle du comté de Nice, auquel il est intégré.
COMMUNES : LETTRE I
ILONSE : Le territoire est situé sur le trajet d’une voie de communication reliant la Provence au Piémont. De nombreux vestiges attestent qu’il fut occupé par la tribut ligure des Ectini, puis par les Romains qui en font un poste de surveillance. Au Vème siècle, les Wisigoths, en provenance d’Italie, passent par cette région avant d’envahir l’Espagne (tombe trouver au hameau d’Irougne). Yloncia et sa chapelle Saint-Laurent, prieuré des moines de Saint-Pons, sont cités au XIème siècle dans le cartulaire de cette abbaye et dans celui de Lérins. A cette époque, le fief appartient à la noble famille des Rostaing, feudataires de la plupart des villages du haut-pays Niçois. Lors de l’affouage de 1315, 119 feux sont recensés (environ 600 habitants). Au début du XIIIème siècle, Ilonse passe aux Féraud de Thorame (branche des Féraud d’Ilonse) puis à Isnard de Glandèves en 1332. Astruge et Andaron Grimaldi en font l’acquisition en 1340 (en 1315, la fille unique du baron Guillaume Rostaing deBeuil, avait épousé Andaron, oncle de Rainier Ier Grimaldi de Monaco). En 1388, les Grimaldi de Beuil deviennent vassaux de la maison de Savoie et reçoivent de nouveaux fiefs. En 1560, leur baronnie est érigée en comté. Après l’exécution d’Annibal Grimaldi, en 1621, ses biens sont confisqués puis réinféodés. Les Badat reçoivent les fiefs d’Ilonse (dont le château est démantelé) Roure, Roubion, Pierlas, Malaussène et la Cainée. En 1729, le fief appartient au comte Charles-François Pascalis. Les cultures céréalières et l’élevage des moutons ont constitué pendant longtemps les principale ressources des habitants. De nombreuses fêtes sont célébrées au village : fête du four communal en mai, de la St-Antoine en juin, Inter/Village au col de la Sine fin juillet, patronale en août également (avec jeux typiques du pays).
ISOLA : La première mention du bourg primitif de Leudola date de 1067, il fait alors partie du comté de Tinée (Comitatus Tenearum) qui relève des évêques de Nice. Depuis l’an mille, le fief appartient à la noble famille des Rostaing, feudataire de la plus part des villages du haut-pays niçois. Au début du XIIIème siècle, il est inféodé aux Faucon de Glandèves. En 1325, Astruge et Andaron Grimaldi en font l’acquisition, sous la suzeraineté du comte de Provence. Lors de l’affouage de 1315, 178 feux sont recensés (environ 950 habitants). En 1388, avec ses feudataires, les Grimaldi de Beuil, Isola passe sous le protectorat de la maison de Savoie. En 1699, le fief est acheté par certain Jean Ribotti. Quelques années plus tard, les villageois rachètent leur droits. En effet, par lettre patentes du 18 septembre 1702, la communauté d’habitants acquiert de Victor-Amédée II tous les droits féodaux et de juridictions. Elle se place ainsi sous la souveraineté direct de la Couronne de Savoie. Elle est investie de la seigneurie deux jours plus tard, avec le titre de comtesse d’elle-même, ou comtesse d’Isola. La création en 1971, de la station de sports d’hiver Isola 2000, de renommée internationale, relance l’activité économique de la commune qui avait beaucoup souffert de l’exode rural.
COMMUNES : LETTRE L
LANTOSQUE : Le territoire fut occupé par la tribu ligure des Esubianni. Au IXème siècle, Charlemagne donne le fief à l’abbaye de Saint-Pons. Au XIIème siècle, le cartulaire de la cathédrale de Nice mentionne un bourg primitif regroupé autour de son église, sur le site de Loda, dans la vallée de la Lantosca. Les habitats antérieurs, dispersés, sont progressivement abandonnés et ce sont les communautés voisines d’Utelle, Sospel et Lucéram qui récupèrent une partie des terres. Au début du XIIIème siècle, lorsque les comtes de Provence entreprennent la reconquête de la région, le château de Loda est détruit par Romée de Villeneuve. Et en 1271, la seigneurie est inféodée aux Tournefort qui relèvent le château . A partir du XIVème siècle, la communauté s’est étendue sur toute la crête, en dehors des limites du castrum médiéval. En 1518, c’est André de Tournefort qui est investi du fief : Ses descendants vont le conserver jusqu’en 1699, date de son rachat par Jean Ribotti (Voir Contes). En 1701, ce dernier le revend à Lazare Riccardi d’Onéglia (actuelle Imperia). Peu après, Victor Amédée II de Savoie confère à ce feudataire le titre de comte. En 1542, pendant la guerre que se livrèrent le duc de Savoie, Charles III et le roi de France, François Ier, le village fut incendié par le seigneur d’Ascros. Il subit de nombreux tremblements de terre aux XVème, XVIème, XVIIème siècles.
LEVENS : Le territoire de Levens fut occupé par la tribu ligure des Lepontiens, le village actuel est d’ailleurs bâti sur un ancien site défensif ligure. Du Ier au IIème siècle, la présence des Romain sur le site est également confirmée ; en effet au départ de Cemenelum (Cimiez), une bretelle de la Via Julia desservait la Vésubie en passant par Levens et le Cros-d’Utelle. En 1074, la paroisse de Sainte-Marie-de-Levens dépend de l’évêché de Nice et en 1079, le fief appartient au monastère de Saint-Pons qui le conservera durant plus de 150 ans. Il passe ensuite à la famille Riquier d’Eze, vassale du comte de Provence (XIIIème siècle). Au début du XIVème siècle, les Grimaldi de Beuil héritent de Jacques Riquier d’Eze de certains droits sur le fief, qu’ils ne revendiquent pas de suite, ils le seront quelques décennies plus tard lorsque Jean Grimaldi de Beuil fait valoir ses droits sur le fief, et qu’ils seront reconnus en 1420. En 1473, Louis Grimaldi entre, après Barnabé, en possession des fiefs de Tourrette-Revest et de Levens. C’est lui qui est à l’origine de la branche des Grimaldi de Levens. En 1525, Jean-Baptiste Grimaldi, seigneur d’Ascros, et son frère René, incendient La Roquette (sur Var) et Levens. Leurs biens sont confisqués par le duc de Savoie, mais deux ans plus tard, ils sont pardonnées et rétablis dans leurs fiefs. Dans le courant du XVIème siècle, les Grimaldi de Levens furent souvent en conflit avec les habitants, ainsi qu’avec leur suzerain. En 1586, à la suite d’une transaction, les Levensois limitent certains privilèges seigneuriaux et acquièrent les moulins à huile et à farine. En 1621, les Levensois, suite à l’exécution d’Annibal Grimaldi de Beuil qui est cousin de César leur seigneur, se révoltèrent. Ils obtiendront du duc de Savoie l’abolition des droits féodaux. En 1622, les remparts sont détruits et les portes enlevées, sur ordre de Charles-Emmanuel Ier. En 1671, Levens est érigé en comté, et en 1700, par décision de Victor-Amédée II, la localité reçoit le fief et la juridiction, devenant ainsi son propre seigneur.
LIEUCHE : Lieuche est cité pour la première fois au XIIème siècle. Primitivement, c’est un fief des Faucon de Glandèves. En 1411, Elion Faucon de Glandèves en est officiellement investi par Amédée VIII de Savoie. En 1457, il le vend à Pierre Grimaldi de Beuil. Cette famille va le conserver jusqu’à l’exécution d’Annibal Grimaldi, en 1621. Lieuche est alors réinféodé à de nouveaux seigneurs, tout d’abord à Filberto della Villana, puis aux Claretti, est ensuite aux Sappia de Rossi. Actuellement, les activités économiques sont principalement axées sur l ‘agriculture et l’élevage de chèvres (fromage de chèvre le Lieuchois). Cette commune est l’une des moins peuplées du Pays Niçois elle comptait 158 habitants en 1861, 45 habitants aujourd’hui).
LUCERAM : Initialement occupé par les Ligures (tribu des Lépontiens), le territoire est ensuite investi par les Romains qui y établissent un poste militaire, sur le trajet d’une voie de communication reliant La Turbie à la Vésubie. En 1057, le municipe de Lucéram dépend du comte de Vintimille et couvre la parie comprise entre la rive gauche du Var et les sources du Paillon. Cette place forte étant située au croisement de plusieurs axes routiers entre la Méditerranée et les Alpes du nord, la Provence et le Piémont, elle devient une étape importante de la route du sel. Au XIIème siècle, elle forme une confédération républicaine avec Peille et Utelle (voir ces deux noms). Au XIIIème siècle, les seigneurs déchargent les habitants de certaines servitudes féodales (voir Entraunes). Le Cartulaire coutumier de Lucéram couvre la période allant de 1250 à 1415. Il n’est pas impossible que cette charte ait été encore en vigueur en 1639. En 1272, le comte de Vintimille cède le fief au comte de Provence qui reconnaît ses franchises communales et son indépendance administrative. De plus, la petite cité est fortifiée par ses suzerains provençaux, et des droits supplémentaires lui assurant une grande prospérité lui sont octroyés en 1325, par le roi Robert le Sage et en 1349, par la reine Jeanne. La cité se liera à la Savoie lors de la dédition de 1388, elle conservera ses privilèges qui seront maintenu jusqu'à l’annexion par la France en 1860. Lors de l’afflouage de 1408, 35 foyers (environs 175 habitants) sont recensés. En 1415 ladite convention passé entre le duc de Savoie et Lucéram est confirmé par le juge du comte de Vintimille. En 1579, le seigneur de Tende vend ses droits à Emmanuel-Philibert de Savoie, avec l’intégration effectif du comté de Tende à la Savoie en 1581 et la construction du Grand Chemin ducal (qui deviendra plus tard la Route royale), l’ancienne voie d’acheminement du sel passant par Lucéram est délaissé, ce qui entraîne à partir de cette date une baisse significative de l’activité de Lucéram.
29 mai 2006
COMMUNES : LETTRE M
MALAUSSENE : La première mention du castrum date de 1170, lorsque son feudataire, Raimundus de Malaussena, prête l’hommage vassalique au comte de Provence. Le fief est ensuite une possession des Grimaldi de Beuil avant d’être inféodé au colonel Marco Antonio Badat, après la confiscation, en 1621, des biens d’Annibal Grimaldi. En 1722, il est réuni à la couronne sarde et en 1723, Jean Alziari, fils d’un notaire de Roquestéron, en fait l’acquisition. La même année Malaussène es érigé en comté. Une nouvelle lignée d’aristocrates est ainsi créée avec la famille Alziari. En 1793, le quartier général de l’état-major autrichien était établi dans le village. Le maréchal De ins investi ensuite Toudon afin de surveiller la vallée du Var. Puis il lance un pont sur le fleuve pour transférer son magsin de muniion à Villars. En 1800, les Français occupant le comté de Nice firent sauter le pont de Malaussène. Dans les années 1774-1775, u aqueduc-viaduc de 7 km de long est construit afin d’alimenter en eau (ource de l’Adous) le village ainsi que les cultures (vignes et oliviers). Avant le percement des orges de la Mescla (fin XIXème siècle), il reliait les vallées du Var et de l’Estéron.
MARIE : Dans l’Antiquité, le territoire était traversé par une voie romaine reliant Vintimille ) Saint-Etienne-de-Tinée. Le castrum Maria est mentionné pour la première fois en 1066, lorsque le seigneur Balbo, son feudataire donne à l’église de Clans des terres faisant partie de Marie. A la fin du XIIème siècle, le comte de Provence Alphonse Ier y fait édifier un château pour défendre les gorges de la Tinée. Au début du XIIIème siècle, la paroisse relève de l’abbaye de Saint-Dalmas-de-Pëdona (Borgo San Dalmazzo, Piémont). Un texte de 1263 fait état d’une population de 65 personnes (à moins que ce chiffre n’indique des feux, dans ce cas il faut multiplié par 5 ou 6). Vers 1330 la seigneurie appartient à Aldebert Rostaing, qui possède également Valdeblore, Rimplas et Roure. Vers 1350, Marie et Rimplas passent à l’un de ses descendants, Pierre Balb. En 1388, le village passe sous le protectorat de la maison de Savoie. Initialement hameau de Clans, Marie obtient son autonomie en 1427, mais le partage définitif n’a été fait officiellement qu’en 1673. En 1621, après l’exécution d’Annibal Grimaldi, Marie est inféodé aux Bacilotto (ou Bachelot), puis en 1700, aux Olgliati. Les derniers feudataire on été les Lovera de Coni (Cuneo) pour lesquels, en 1722, le fief fut érigé en marquisat. En 1793, le comté de Nice est occupé par la France révolutionnaire, Marie, Roure, Sain-Sauveur et Rimplas font partie du canton de la Bollène-Valdeblore. En 1805, le chef-lieu est transféré à Saint-Sauveur. En 1816 après la restauration Sarde, Marie, Rimplas et Valdeblore sont rattachés à Saint-Martin-de-Lantosque (Saint-Martin-Vésubie). En 1860, suite à l’annexion du comté de Nice par la France via le plébiscite truqué, le village, ainsi que Rimplas, Ilonse, Roure, Clans, Rouion e Valdeblore son intégré au canton de Saint-Sauveur.
MASSOINS : La première mention du castrum date de 1040. A cette époque, l’église appartenait aux abbayes de Lérins et de Saint-Pons, mais aussi aux Templier. Le village de Massoins devient ensuite une possession des Grimaldi de Beuil, sous la suzeraineté de la maison de Savoie. Saposition stratégique en fait une place fortifiée très importante pour la puissance baronnie des Grimaldi. En 1526-1527, le seigneur du lieu, René, et son frère Jean-Baptise, seigneur d’Ascros, en conflit avec Honoré Laugier, des Ferres, assiègent ce dernier qui s’est réfugié dans son château de Gilette. Ils incendient La Roquette et Levens. Condamnés pour ces exaction, les deux frères s’enfuient en France. Ils sont pardonnés deux ans plus tardbet rétablis dasn leur fief par le duc de Savoie. A la chute des Grimaldi de Beuil en 1621, Massoins est inféodé aux Caissoti en faveur desquels il est érigé en comté. Le ief appartient ensuite aux Cagnoli et aux Corniglion. En 1746, le village est pillé par les Gallispans et, en 1747, les Piémontais sont dans la place.
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MOULINET : Le territoire fut occupé par la tribu celto-ligure des Vibères puis par les Romains. La fondation du village est plus récente. En effet, au Moyen-Age, des cultivateurs sospellois s’installent sur ce terroir et y construisent un moulin. Le castrum de Molineto, alors simple hameau de Sospel, est mentionné au XIIIème siècle. Un texte de mai 1360 confirme la souveraineté de Sospel. En 1388, Moulinet se rallie, comme sa ville de tutelle à la maison de Savoie. En 1500, le village est érigé en paroisse sous le vocable de Saint-Bernard. En septembre 1944, les Moulinois sont déportés à Cuneo par les Allemands mais les combats de l’Authion, en avril 1945, libèrent la vallée de la Bévéra. Le 11 novembre 1948, le village est décoré de la croix de guerre.