PAÏS NISSART

Benvegut a Nissa - Bienvenue à Nice et en Pays Niçois

15 mai 2009

NON ! La langue niçoise n’est pas du Provençal c’est du Nissart !

Les affirmations éhontées du contraire ressurgissent tous les vingt ou trente ans, et encore aujourd’hui, véhiculées par une petite cellule « Occitane » installée à Nice et soutenues par un ancien combattant de l’Art Moderne qui fit se connaître jadis en organisant d’amusantes « performances » censées révolutionner l’Art ; depuis il reproduit inlassablement et sans relâche les mêmes schémas pour tenter d’exister encore dans un monde dont les goûts changent. Il est bien sympathique et promotionne l’Occitanie. Mais que l’on ne vienne pas à Nice prétendre que les Niçois sont occitans et que le nissart est du provençal abâtardi. Les Niçois ne sont pas Provençaux et a fortiori nullement Occitans. Nous avons toujours rejeté la tutelle de la Provence et de Marseille. Quant à la langue, nous écrivons Nissa et non pas Niço, comme en provençal.

Le sujet étant assez complexe, laissons la parole au défunt Pierre Isnard, avocat et grand érudit, qui avant guerre mena une bataille mémorable pour la langue niçoise. Dans son opuscule paru en 1860 (pour le centenaire de l’annexion) :

« Considérations sur le dialecte niçois et le rattachement à la France », sujet qui sera d’actualité l’an prochain, 150e anniversaire de l’annexion, il écrit : « On parle à Nice, dans la vallée du Paillon et sur le littoral, entre le Var et la Turbie, un dialecte particulier issu du latin vulgaire, comme toutes les langues romanes et néo-latines auxquelles il s’apparente, mais son archaïsme en fait un ancêtre ou au moins un frère aîné de celles-ci. (« Les Langues romanes sont sœurs et non pas mères ou filles : le travail qui les a produites fut simultané sur toute la face du monde roman » (Littré : Histoire de la Langue française 2ed ; TII. P.98). Elle a pu pareillement garder, dans toute sa pureté, son dialecte. Malgré toutes les vicissitudes, de son histoire tourmentée, le langage niçois est reste un îlot, pur roman, au milieu d’un véritable océan de parlers, certes de même origine, mais beaucoup plus évolués, qui l’entourent et cherchent à l’engloutir »

« Il a pu se maintenir par la seule tradition orale et il n’a pu arriver jusqu’à nous que certainement modifié au cours des siècles mais avec tous ses caractères essentiels qui en font le particularisme et l’originalité. Pour les besoins de la politique, on a souvent essayé de le dénaturer et même de le détruire, en soutenant qu’il n’est, tantôt, qu’un mauvais patois provençal, tantôt qu’un pauvre dérivé de l’italien, et tantôt qu’un affreux mélange de celte, de grec, de latin et de goth, de bourguignon, de lombard, d’arabe, d’italien, d’espagnol, de portugais et de français ! […] Cependant, en dehors de quelques racines, attribuées aux celtes et aux ligures, dont certains auteurs contestent d’ailleurs aujourd’hui même l’existence, on ignore tout du parler qui, dans notre région a précédé le latin et a été supplanté par lui ; on sait seulement que ce langage d’origine pélasgique s’est amalgamé au latin vulgaire pour former le Niçois ».

« Les Phocéens occupèrent il est vrai le littoral de notre pays, pendant plus de trois siècles. On leur attribue même la fondation et le baptême de notre ville mais […] ils n’occupèrent jamais que le seul rocher du château de Nice, dans le seul souci de protéger leurs routes maritimes et ne pénétrèrent jamais à l’intérieur des terres […] Ils ne se mêlèrent jamais à la population. Ils n’avaient avec elle aucunes relations ni contacts en dehors des harcèlements incessants dont ils étaient l’objet. De violents combats entre la population locale et le Massaliotes amenèrent même ceux-ci à solliciter à diverses reprises l’intervention de Rome qui finit par occuper définitivement toute la région. Jusqu’à l’arrivée des Romains, le parlé usité par les peuplades ligures devait être très pur et ce n’est qu’à partir de ce moment que, par l’intermédiaire du latin, de nombreux mots d’origine grecque sont entrés dans notre dialecte, comme ils s’introduisirent plus tard par la même filière dans d’autres dialectes et dans les langues française, italienne et espagnole ».

« Si l’on peut admettre que certains mots niçois dérivent directement du grec comme, par exemple, « barri » (mur) de Baris, nous le devons au latin qui les avait adoptés et qui nous a transmis la plupart des termes de cette origine. Il en est ainsi, par exemple des mots :

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on peut donc dire que l’influence gréco-phocéenne sur le langage nissart est à peu près inexistante, si on la considère comme s’étant exercée directement sur lui. Par contre, c’est par le latin qui constitue tout le fond de notre dialecte, que l’on peut remonter jusqu’au grec dans l’étymologie de certains mots ».

« À l’origine le niçois différait peu des autres parlers romans même nordiques et le Serment de Strasbourg, qui est le plus ancien texte officiel français écrit, datant déjà du IXe siècle, est plus voisin de notre dialecte que du français moderne :

Texte Français : « Pro Deo amur et pro christian poblo et nostre commun salvament d’ist di en avant in quant, Deus savir et podir me dunat, si salvereai co ist meon fradra Kalro… »

Traduction niçoise : « Per amor de Diù e per lu crestian poble e nuostre commün sauvament d’estu giur en ant en quant Fiu, saupre et puder mi duna sauverai ach’ estu miu fraire Carlu… ».

Au XVI siècle les parlers provençaux avaient tellement évolués que ce n’était plus comme à l’époque de Raymond Feraud, un dialecte différent du droit provençal que parlaient les Niçois, mais un tout autre langage. C’est ce que déclare explicitement en 1535, notre concitoyen le grammairien Honoré Drago. À ce moment Alphonse Davallo, marquis Del Guasto et lieutenant de l’empereur Charles Quint en Italie voulu faire dresser un Traité de phonétique et de vocabulaires provençaux, il chargea Honoré Drago de ce travail ; il ne s’acquitta de sa difficile mission qu’avec un long retard : « Si l’accomplissement de mon travail a été retardé […] que V.E excuse la multitude d’occupations qui m’accablent et la trop grande difficulté de l’entreprise […] En effet, bien que, en raison de la proximité des pays, ma langue maternelle soit peu différente de la langue provençale, celle-ci et la mienne propre se sont tellement modifiées au regard des parlers de ces écrivains [anciens] si ceux-ci, étaient encore vivants, il ne serait pas chose aisé pour eux de les comprendre »

Après des pages de brillantes démonstrations sémantiques et historiques, Isnard écrit : « L’annexion à la France une fois réalisée, le gouvernement français dans un but d’assimilation plus facile d’un pays qu’il croyait italien, mais qui n’a jamais été que Niçois, interdit l’usage de notre dialecte à la caserne, dans les écoles et les administrations. Sur l’instigation du gouvernement qui les nommait et les rétribuait, les évêques de Nice, Mgr Balain et Chapon qui succédèrent à Mg Sola empêchèrent les curés et les vicaires de prêcher et d’enseigner le catéchisme en niçois. Ce même gouvernement, favorisait en même temps la création de la « Société des Lettres, Sciences et Arts des A.M. » fondée le 22 octobre 1861. Le maître d’école Alexandre Sardou natif du Cannet publiera une étude la revue de la Société des Lettres, Sciences et Arts, tendant à établir que l’idiome niçois, dont il ne comprit jamais le caractère particulier ni le génie, n’est au fond qu’une sorte de provençal déformé par la graphie pseudo-italienne de Rosalinde Rancher. Et tandis que l’on encourageait la lecture des œuvres de Frédéric Mistral qui venait de publier Mireille en 1859 et l’étude des anciens troubadours, le niçois « vil et grossier » était méprisé et proscrit. J.B Toselli s’éleva contre cet état d’esprit : « On ne devrait pas faire un crime aux Niçois de conserver leur dialecte ».

« D’autre part, Mistral tente de faire l’unité linguistique des divers dialectes du Midi de la France, et comprend le Niçois parmi les innombrables idiomes provençaux. Il crée, ce qu’on est convenu d’appeler depuis « langue mistralienne » dont le « Trésor du Félibrige », copie paraphrasée du « Dictionnaire d’Honorat » sera le vocabulaire. Il insère dans et ouvrage une foule de mots niçois dont il ne comprend pas toujours la signification ; ainsi par exemple il traduit par « coup de pistolet » le mot « pittolica » qui veut dire « chiquenaude », prouvant par ces erreurs que niçois et provençal sont deux ».

« En 1871 un mouvement séparatiste se produit à Nice. Aussitôt les attaques contre notre dialecte reprennent et s’intensifient. Toujours dans le même but politique, on veut l’incorporer au provençal tandis qu’on continue à le discréditer et à l’interdire. En 1878 Sardou publie un long article sur « l’idiome niçois » […] Il essaie de démontrer que le niçois n’est en réalité qu’une forme de provençal ou de la langue d’Oc défigurée par l’orthographe italienne employée par Rancher et ses successeurs. Bien entendu, cela conduit à conclure que les Niçois sont Provençaux, donc Français… »

Pierre Isnard évoque ensuite longuement toutes les tentatives de détruire le Niçois en l’assimilant au provençal, toujours dans le même but, celui de détruire l’identité niçoise. Il faut donc que les Niçois d’aujourd’hui sachent que la question linguistique cache une arrière-pensée politique. Une raison de plus, pour défendre note langue et rejeter les menées occitanes à Nice. Surtout à un moment où le maire de Nice, qui ne connaît pas, ne s’intéresse pas, et ne soutient pas la l’identité niçoise, veut « marier Nice avec Marseille », projet historiquement hérétique, et fêter en grande pompe l’anniversaire du plébiscite truqué de 1860. Nice n’est ni occitane ni provençale et les Niçois doivent défendre leur drapeau et leurs intérêts économiques. Un parti Occitan qui a constitué « un gouvernant Occitan » fait même figurer Nice dans l’une des « Provinces occitanes » qu’il est censé « gouverner » : la Provence… Même si ce gouvernement fantoche (non reconnu même en 0ccitanie…), ne « gouverne » que le vent, il considère néanmoins Nice comme une très lointaine banlieue de l’une de « ses provinces », la Provence… Il était bon de rappeler des faits et réalités afin que les Niçois non avertis, sachent à quoi s’en tenir sur les cellules occitanes à Nice qui sont très proches de ce gouvernement de fantaisie ; le « premier ministre » de ce « gouvernement » du vent, en faisant parti. Ce d’autant que, cultivant l’ambiguïté, elles prétendent défendre la culture niçoise, enseignent un niçois abâtardi de provençal, et autres choses semblables.

Au moment ou l’identité niçoise connaît un regain de popularité dans la jeunesse de notre ville, l’on constate de nouveau qu’un grand mouvement se met en route, tendant à faire disparaître la particularité niçoise dans l’ensemble Provençal et Occitan. Cela n’est pas un hasard. Alors, méfi, « lu nissart emb’ai Provesau soun tougiou estat couma lou can e lou cat… » comme le dit un ancien proverbe niçois…

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26 mai 2008

Les langues régionales dans la Constitution : c’est la pierre tombale que l’on referme…

Beaucoup de gens et de jeunes en particulier ont été très heureux de l’apprendre. Mais, étant encore trop purs pour comprendre les arcanes de la politique française, il convient de les mettre en garde : ne vous réjouissez pas trop vite ! Le délégué municipal au Patrimoine niçois a crié victoire, comme s’il y était pour quelque chose et emboîtant le pas à Paris il indique que “les langues régionales ne sont pas à mettre en opposition avec la langue française”. Il faut lui rappeler que c’est le pouvoir jacobin qui a mis en opposition le français avec les langues régionales, dont le niçois. C’est lui qui a tenté par tous les moyens de détruire la langue niçoise, non l’inverse et si le responsable du Patrimoine niçois l’ignore, il ferait mieux de rendre son tablier tout de suite. Le monopole de presse niçois a titré pompeusement : “Les langues régionales dans le marbre de la Constitution”. Mazette, dans le marbre ! A une époque où même les plaques des noms de rue sont en résine ou en plastique… c’est du luxe. Malheureusement, la Constitution ne ressemble pas aux tables de la Loi ; elle a tellement été rapiécée, amendée, transformée, qu’elle ressemble plutôt à un tableau en ardoise où l’on passe un coup d’éponge ou un coup de bâton de craie selon les besoins.

L’effet médiatique de la nouvelle a été certain, c’était l’objet recherché. Nous vivons dans un siècle où tout ce que les pouvoirs en place dans divers pays ne peuvent détruire, est récupéré, désamorcé, vidé de sa substance, digéré… et envoyé aux oubliettes avec la bonne conscience hypocrite d’avoir donné une satisfaction médiatique aux peuples. Gandhi et Mandela ont été récupérés par ceux qui les avaient jetés en prison, Guevara a été récupéré par ceux qui l’ont fait assassiner et qui en ont tiré beaucoup d’argent avec des films, T-shirt, etc. Les ex-communistes russes, pour se donner une image acceptable, ont récupéré Nicolas II et sa famille alors qu’ils les ont liquidés dans une cave lors d’une tristement célèbre boucherie. Récemment on a aussi tenté de récupérer Césaire que l’on voulait fourrer au Panthéon français, alors que la France a été l’une des plus grandes puissances coloniales… Une place au Panthéon et hop, passez muscade… Pas cher payé pour des siècles de colonisation et la pratique de l’esclavage…


Les naïfs croient que cette opération médiatique va conduire la France à ratifier la Charte des langues régionales… Français, vous avez la mémoire courte… et Niçois, ne baissez pas la garde : rappelez-vous le discours de M. Sarkosy prononcé le mardi 13 mars 2007 à Besançon… Ville annexée par Louis XIV qui lui retira en plus toutes ses franchises d’impôts accordées par Charles Quint… Et que disait ce bon candidat à la présidence ? Vous n’en avez jamais entendu parler ? Nous oui… Il disait : “le patrimoine linguistique ce n’est pas seulement le français, c’est aussi l’extraordinaire richesse de ses langues région-ales…” ; ne vous réjouissez pas trop vite, c’est le chloroforme avant l’opération… “… Je ne veux pas de cette logique de confrontation avec le Français que cherchent à faire prévaloir certains indépendantistes qui veulent en finir avec l’unité française… qui reste le bien le plus précieux… Si je suis élu, je ne serai pas favorable à la Charte européenne des Langues régionales. Je ne veux pas que demain un juge européen ayant une expérience historique du problème des minorités différente de la nôtre, décide qu’une langue régionale doit être considérée comme langue de la République au même titre que le français. Car au-delà de la lettre des textes, il y a la dynamique des interprétations et des jurisprudences, qui peut aller très loin”. Un juge européen qui ait une autre expérience historique du problème des minorités ? il faisait sans doute allusion aux pays dont l’unité nationale résulte d’un consensus populaire comme l’Italie, l’Allemagne, la Suisse et d’autres. Evidemment dans le cas d’une libre adhésion à une nation il est inutile de dresser des miradors et des barbelés de lois pour ligoter les régions adhérentes, mais dans le cas d’annexion forcée… c’est autre chose. Donc si un juge européen appartenant à l’un des pays qui ont fait l’union nationale par un libre consensus et qui laissent une grande autonomie aux provinces, avait à juger de l’emploi des langues régionales en France en appliquant les dispositions de la Charte… Cela cisaillerait les barbelés et mettrait par terre les miradors… Donc, on ne ratifiera pas la Charte, mais rassurez-vous, on inscrira les langues régionales dans la Constitution… on les mettra dans un bocal et on vissera le couvercle. Un peu comme la devise “Liberté-Egalité-Fraternité” que l’on voit partout, elle aussi “gravée dans le marbre”, aux frontons des bâtiments officiels, et que l’on ne trouve nulle part...
   

Et le candidat Sarkosy alors qu’il évoquait la Charte fait allusion “aux indépendantistes qui veulent en finir avec l’identité française…”. C’est un luxe de précaution ; mais de qui parlait-il ? Qui voudrait abandonner le modèle institutionnel et politique d’un pays, où il n’y a pas de chômage, où l’économie génère un bien-être général, où règne une moralité qui est un exemple pour le monde et l’univers, où l’insécurité n’existe pas, où l’immigration ne pose aucun problème, où l’on est sûr de gagner demain plus qu’aujourd’hui, où la fiscalité est légère et baisse chaque année, où les entreprises, les commençants et artisans ne sont pas ponctionnés jusqu’à la moelle, où les retraités ont une fin de vie dorée, où les handicapés sont si bien traités, où le service des postes est fabuleux, comme toutes les administrations d’ailleurs, où des politiciens honnêtes et compétents gèrent nos affaires au mieux ? Personne, voyons… Pourquoi vouloir gérer soi-même ses affaires, alors que les politiciens français le font si bien à notre place ?

Et malgré ce tableau d’excellence qui assure à la France la reconnaissance éternelle de toutes les provinces qu’elle a annexées par la force au cours des siècles, mais pour leur bien évidemment, elle n’a pas ratifié la Charte qui reconnaît que “pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée et publique est un droit imprescriptible”... alors que tous les autres pays faisant partie du Conseil de l’Europe l’ont ratifiée à ce jour sauf le Portugal, la Grèce et la Belgique… La France se met donc délibérément au ban de toute la communauté internationale européenne. Le pouvoir jacobin craint donc qu’autoriser les Niçois, les Bisontins, les Bretons, les Occitans, les Basques et quelques autres à parler leur langue et à l’introduire dans les actes publics, ne les conduise à exiger illico une autonomie économique et politique. Cette crainte est l’aveu implicite que le pouvoir centralisateur français ne rassemble pas, qu’il n’est pas reconnu comme un modèle moral et économique, qu’en plusieurs siècles il n’est pas parvenu à uniformiser les identités particulières ni à les fondre dans une identité nationale théorique et que le mythe de l’indivisibilité de la république sur lequel il fonde unilatéralement ses droits n’est qu’une illusion destinée à justifier son pouvoir absolu.

Et pour les langues régionales, c’est la même opération qui a été organisée. Elles sont dans “le marbre de la Constitution”, oui mais elles vont y rester, et le marbre recouvre les tombeaux. Personne ne pourra plus se plaindre : elles sont dans la Constitution ! Cela ressemble au fameux “Empire libéral” de Napoléon le Petit, qui à la fin du régime succéda “L’Empire autoritaire” : on concède le droit de grève aux ouvriers, mais on leur interdit les associations, on laisse ouvrir de nouveau des théâtres, mais la censure veille aux pièces qu’ils programment… Depuis toujours l’Etat français a tenté de détruire les langues régionales, et nous Niçois en savons quelque chose. Malgré des moyens énormes et l’immense rouleau compresseur qui a œuvré sans relâche durant un siècle et demi chez nous et plus encore dans les autres régions, elles ne sont pas mortes ! Elles ont la vie dure. Eh bien, on va les tuer une bonne fois pour toutes : on va les inscrire dans la Constitution… Ainsi elles ressembleront aux insectes emprisonnés dans des blocs de résine qui servent de presse-papiers où aux papillons figés et cloués par des épingles dans de belles boîtes vitrées très décoratives qui donnent l’illusion du printemps dans les salons où règne un hiver éternel.

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24 mai 2008

Les langues régionales dans la constitution française...ce qu'en pense Ben

Hier, nous apprenions dans les médias que l'Assemblée Nationale avait inscrit dans la Constitution les langues régionales, les reconnaissant comme "appartenant au patrimoine nationale". Cela ressemble à une victoire importante pour les langues régionales (dans notre cas le Nissart) pourtant il y a un hic dans cette annonce médiatisé. Et c'est l'artiste niçois Ben qui l'explique dans sa Newletter.

"BEN EN COLERE

Enfin nous avons eu à l'Assemblée Nationale un débat sur les langues minoritaires. Je ne sais pas ce que les autres attendaient mais moi c'était à nous faire rouler dans la farine. Première QUESTION pourquoi n'étaient-ils pas venus à l'Assemblée ce jour là et pourquoi y avait-il aussi peu de monde ? Pour les OGM c'est plein, pour les langues et les cultures c'était vide. 

Là où je suis en colère c'est avec la Ministre de la culture car si s'était agi du Ministre de l'intérieur ou même de Président de la République ça m'aurait fait moins mal de les entendre refuser de signer la charte pour les langues minoritaires. Venant de la part d'un ministre de la culture c'est insuportable.

Qu'un ministre de la culture refuse de reconnaître à un peuple le droit de parler sa langue, de pratiquer sa culture, sur son propre territoire linguistique c'est pour moi rien d'autre qu'un acte de génocide culturel.

Elle a préféré le modèle Turc qui interdit le Kurde aux Kurdes que le modèle de n'importe quel autre pays européen : Anglterre, Allemagne, Italie etc.  Dans sa conclusion, la ministre de la Culture, Christine Albanel, parlant au nom du gouvernement, a rejeté une nouvelle fois la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires .

Citant les pays européens voisins de la France qui, eux, ont signé et ratifié la charte, elle a tenu à rappeler que la France avait un régime particulier incompatible avec plusieurs articles de la charte. Pour la ministre de la culture, la ratification de la charte impliquait un « droit imprescriptible » de parler une langue régionale dans la sphère publique _ « Ce qui est contraire à des principes constitutionnels aussi fondamentaux que l'invisibilité de la République, l'égalité devant la loi et l'unité du peuple français » a-t-elle déclaré.

La constitution ne sera pas amendée, alors qu'elle est amendée régulièrement sur proposition du gouvernement pour accommoder les lois et les traités européens, Christine Albanel s'est prononcée contre l'officialisation des langues régionales, citant les coûts de traduction que cela entraînerait pour les textes officiels et les débats quant aux langues et aux textes qui devraient être traduits.

Elle a bien sûr omis de citer que c'est le cas de l'Europe et que justement, dans le cas de l'Europe, la France est tout-à-fait d'accord pour payer les coûts de traduction, même pour de petits États dont la langue a moins de locuteurs que certaines langues minorisées et non reconnues en France."

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24 avril 2008

Langues et nations

L’érudit niçois Stéphane Bosio publia dans l’Armanach Niçois en 1930 un article majeur qui mettait à mal les théories mistraliennes justifiant la volonté d’hégémonie de la Provence occitane sur Nice et il est bon d’en citer un extrait :

“les Niçois, qui ont conservé au cœur l’orgueil de leur patrie, soutiennent au contraire que le Nissart s’est formé comme le provençal, le languedocien etc. : issu de la décadence et de l’altération du bas latin, il est une langue ayant des particularités autochtones ; son individualité est apparentée certes au provençal voisin mais sœur et non pas fille dégénérée de la langue d’outre-Var. Plu-sieurs volumes de philologie ne suffiraient pas à épuiser cette controverse, ni à convaincre les adversaire.


Une victoire des provençalisants serait d’ailleurs sans portée décisive en ce qui concerne le “provençalité” de Nice car, même en admettant démontré que la langue parlée dans le comté de Nice est identique que celle parlée à Aix, on n’aurait pas démontré ispo-facto que le pays de Nice soit un pays de sang et de cœur provençal… Il est admis en droit historique que l’identité de langue n’est pas un élément décisif de la formation des groupements sociaux. Les exemples contraires à cette maxime de la communauté de langue, créant une communauté morale sont nombreux au cours de l’histoire et autour de nous : les pays de Genève et de Vaux, le Val d’Aoste, les Alsaciens parlant allemands mais ne voulant pas être allemands… Et les habitants de langue française de la Tour-Pellis qui accueilleraient d’un large rire piémontais les revendications du Dauphiné…


La langue est bien une condition indispensable pour faciliter l’association de la communauté (disent Pasquale Fiore et Pradier Fodéré) mais elle n’établit pas un lien essentiel de manière à obliger tous ceux qui parlent la même langue à former une nation. L’identité de langage, dit Georges Bry, qui enseignait à Aix il y a trente ans, est sans doute un élément important, mais il n’est pas décisif…”

Posté par Nebla à 18:18 - LANGUE NICOISE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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